UN DON JUAN CHAMPETRE
Il ne nous reste plus que bien peu de
chose à dire de René, jusqu'au moment où
nous allons le rejoindre sur le boulevard
des Italiens, à Paris, pour en faire un des I. 10
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principaux acteurs du drame que nous
commençons.
Les déplorables lectures que nous avons signalées, produisirent leur elTet inévitable et fatal.
La cynique pbil(>sophie du dix-huitième siècle faussa complètement la belle intelligence de René.
Le matérialisme le plus absolu, et aussi le plus irréfléchi, remplaça les croyances religieuses dans son esprit et dans son cœur.
René n'admit p\iis que la toi de nature.
El celte loi (dans le sens qu'il lui don-
DE PARIS. 15i
naît du moins), était la négation de toute loi c'est-à-dire la liberté d'obéir sans résistance à tous les instincts de la matière, à tous les caprices de la sensualité.
Bref, René n'avait pas seize ans et déjà sa dépravation était profonde, — effrayante, — sans remède.
Seulement, jusqu'alors le jeune homme n'avait péché que par l'esprit et par la pensée.
Il possédait à fond la théorie du vice.
Il n'en avait pas encore la pratique.
L'audace lui manquait pour franchir le seuil de ses rêves et faire un premier pas dans la réalité.