FIDÈLE
— Celte poursuite acharnée dura toute la journée, — continua M. de Bracy.
» A mesure que nous avancions dans la forêt, les difficultés augmentaient d'une
façon effrayante et presque décourageante.
j> Nous marchions sur des pentes rapides où il n'y avait pas d'autre végétation que celle des sapins.
»Par conséquent les traces qui nous guidaient disparaissaient de plus en plus , et ce n'est souvent qu'après des détours de plus d'un quart de lieue que nous parvenions à les retrouver.
«Bref le soir arriva, et avec lui lel5répuscule.
V II ne fallait point songer à pousser plus loin nos recherches ce jour-là, d'atitant plus que nous avions fait au moins sept ou
huit lieues et que nous nous sentions accablés de fatigue.
• 11 s'agissait de trouver un asile pour la nuit.
» Je montai sur un sapin en me servant de ses branches comme des traverses d'une échelle et j'interrogeai l'horizon autour de nous.
fi La chance se déclarait en notre fayeuVf
» Nous étions à peu près certains de ne
point être forcés de passer la nuit à la
belle étoile, — perspective peu séduisante
par un froid de neuf ou dix degrés.