scène Camélia ^vaît deviné le sujet de la conversation des
deux hommes.
Elle s'attendait doue à voir paraître le baron. • Et cependant, au moment où s'ouvrit la porte de la loge, elle se retourna à demi et fit un geste de surprise.
Le nouveau venu lui tendit la main.
Elle appuya sur cette main le bout de ses doigts
gantés et elle dit :
^ Comment, mon cher Castelli, c'est vous .'
— Est-ce que cela vous étonne?
— Un peu.
— Pourquoi doncî
Pupce qu'il y a des siècles que vous ne m'ave*
donné signe de vie et que je me croyais tout à fait oubliée par vous.
— Vous croyiez cela, Camélia? — demanda le baron d'un ton de reproche.
— Avais-je tort?
Oui, certes!.. — s'écria-t-il avec chaleur.
— Eh bien! tant mieux, — répondit la jeune femme avec apparence d'aJtectueux abandon. — Je suis franche et je vous assure qu'autant il m'est indiflferent de voir un amant me quitter, autant je me sens triste et blessée quand un ami s'éloigne de moi... L'amùur s'en va, l'amitié reste, c'est un proverbe vieux comme le monde et qui sera t9uiours vrai.,.
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— Aussi, moi, je sais de vos amis, et des bons, et vous pouvez compter sur moi à présent et toujours.. «
— Je vous crois. — Du moment où je ne suis plus votre maîtresse, pourquoi me meutiriez-vousf
Camélia se mit à rire, du rire le plus frais et le pios^ charmant du monde.
Pals elle reprit :
— Voyons, mon cher baron, que me conterez- vons de nouveau?.. '
— Tout ce que je sais, et d'abord quelque chose qui vous regarde...
— Qui me regarde, moi?..
— Vous-même.
— Quoi doncTj
— Figurez-vous qu'il y a à côté de moi, là, à l'orchestre, un jeune homme...
— Après?
— Un de mes bons amis^ un garçon riche et char« mant« — vous pouvez vous en assurer en jetant les yeux sur lui.
— Ce n'est pas la peine, — - vous me le dites et je vous crois sur parole, — seulement je ne vois pas trop, jusqu'à présent, en quoi cela me concerne...
-^ Attendez donc un instant. — Ce jeune homme s'appelle Réué de Savenay, — IL va tous les jours au bois et vous y a souvent rencontrée.
— C'est possible.
— Depuis que vous 4tes dans cette loge il n'a ceasC devons regarder...
— C'est son droit.
— Il vous trouve charmante...
^ C'est une preuve de son bon goût.
— n vous aime...