CH ROI DE LÀ HODB
» — Étes-Yous d'avis qu'ils y retournent, Dominique?.. — dcmandai-je en le regardant.
» L'œil du vieux piqueur étincela.
* — NonI de par tous les diables! — s'ëcria-t-il, — si je puis les empêcher!..
» — Oh ! à nous deux, — répondis-je, — nous en viendrons bien à bout!..
» — Que voulez-vous dire, monsieur le comte?..
» — Je veux dire, mon brave Dominique, que nous irons à la recherche de ces ours, que nous les traquerons et que nous les tuerons!..
» — Quoi!., monsieur le comte s'exposerait?..
» — Parfaitement ! — Je n'ai chassé jusqu'à présent que de pauvres animaux inoffensifs, — je veux essayer d'un plaisir plus sérieux : — une chasse à Tours!., ce sera pour moi une fête.
» — Ah ! le fait est, — répondit Dominique, — que si la chose est possible, j'aurai tout de même un rude plaisir à les massacrer, ces brigands-là!.. — il me semblera que je me venge?..
1 — Croyez-vous, Dominique, que ces ours vont rester dans ce pays?..
i — Au moins quelques jours.
» — Pourrons-nous les retrouver?
» — DamI en cherchant bien...
» — Seulement, il ne faut pas perdre de temps, n'est-ce pas?..
» — Le moins possible, monsieur le comte. • — Eh bien, n'en perdons pas du tout. — Avezvous quelques notions sur la chasse à l'ours, Domini-
I5S LES nVBGRS DB fAEIS.
B — Oui, moosiear le comtes
» — Où les avez- vous acquises?
> — Dans rOberland, où j'ai vu pratiquer celte chasse pendaut ma jeunesse.
» — Voilà qui se trouve à merveille. — Nous utiliserons Totre'science...
• — Quand nous mettrons- nous en campagne, monsieur le comte?
9 — Dès demain.
» — Alors, je vais sortir aujourd'hui.
» — Polir quoi faire?
• — Pour tâcher de trouver la voie et de découvrir le repaire. — Si j'en viens à bout, ce sera une fameuse portion de la besogne faite^ croyez-moi, ukmisieur le comte...
» — Dans combien de temps vous mettrez-vous en route, Dominique?
» — Le temps de manger un morceau, et je boucle mes guêtres...
» — Eh bien ! vous m'attendrez pour partir. — Je veux aller avec vous, — je serai prêt dans une demiheure...
» Dominique s'inclina et sortit. »
Les toMUM tfe cbauc*
Maxime iHterrompît son récit poui* demander à René en souriant :
— Ne trouvez-vous pas, mon cher René, que mon Odyssée commence un peu comme un article du Journal des Chasseurs ?..
— Tout ce que je sais, — répondit M. de Savenay, — c'est que votre Odyssée, comme vous dites, m*intéresse au plus haut point.
— Si c'est là votre pensée sincère, tant mieux ; — 81 au contraire vous me faites un compliment^ merci. .. •^Quoi qu'il en soit, je continue...
El Maxime poursuivit en effet :
— Je tenais beaucoup, — dit-il, — à ne point me mettre en retard, je déjeunai donc en toute hâte avec un morceau de viande froide et deux ou trois verres devin de Madère.
» Puis je remontai dans mon appartement et je ro* vilis mon costume de chasse.