‹ Les voices de communication et les moyens de transport à MadagascarChapitre 5 sur 12 · PI. II · texte numérisé non relu

PI. II

tamataye:

r -^ .Afstnangarèse

IvondvonaR.^

randriampapandyl I f , (2o ci

oKa

Amb,

Yanomamy-KéVy Lorangano

Ambodiaviavy J]âc de Sarab&kingK

Tan\€ois^(35 c.)S (2*^jfânga]anes.)\

sN

-Antranokoditra 1 X.Marobé

^anirane

Ancienne embouchure^

Takalampy

i^mbomfllflfo

JSmbouchure actuelle etpant Ambila (

BajÊsoa^héA

-Ampantomaizina ^fe C2o Ci ^ (^-^ *fpangalan es)

RasBoa-massé \

Imasoa

Vavony

-Andaval:cTnanaraiîa(3o cj (S^pangaJanes) «A

Canal''

Iff j And^voTaiLt^J Pansai an e s

CH.R0UX,Voies de conammicatioii à Madagascar

Armand COLIN &C'« Éditeurs , Paris.

Nous ne saurions avoir la prétention d'opposer notre opinion à celle de M. Duportal, dont la compétence, en [matière de travaux publics, est très supérieure à la nôtre, mais nous sommes obligé de constater que bon nombre de gens du métier ne pensent pas comme lui.

En résumé, du village d'IvotidrOy situé à douze kilomètres au sud de Tamatave, jusqu'à Andevorante, la nappe d'eau est coupée par cinq monticules de sable, dont le plus étroit mesure 100 mètres de largeur et le plus important 1 018 mètres, sauf la section marécageuse, de huit à dix kilomètres d'étendue, qui précède Andevorante, et que traverse la rivière Ranomainty, toutes les autres parties de cette nappe d'eau sont formées par des lacs vastes et suffisamment profonds.

Nous avons appris à regret que les travaux sont poussés avec une extrême mollesse et que, depuis la signature de la convention, non seulement il a été accompli peu de besogne, mais que les approvisionnements de matériel et les mesures de prévision indispensables à toute grande entreprise laissent à désirer. Il ne faut pas oublier, cependant, que la mise en exploitation est fixée au 1®^ janvier 1900 et il nous semble difficile, qu'en suivant les errements actuels, la Compagnie concessionnaire puisse terminer son œuvre dans les délais prévus par le cahier des charges.

M. Duportal, dont je viens d'avoir l'honneur déparier, combat non seulement le canal des Pangalanes, mais il est tellement enthousiasmé par la végétation luxuriante de cette partie de Madagascar qu'il veut en faire un « Parc National, le Jardin de France ».

Nous ne résistons pas au plaisir de reproduire le tableau poétique et séduisant qu'il en a tracé.

« Je connais y écrit M. Duportal, les admirables paysages des « oasis du Sahara : rien^ parmi les plus belles ^ ne peut donner « une idée de V effet merveilleux que produit y de la rade, la fron- « daison tropicale sous laquelle s'abrite Tamatave

« J'avais devant ma porte deux beaux

« orangers en fleurs et les palmes cTun grand cocotier aux fruits « gros comme une citrouille et suspendus comme un gland... « Rien n'est plus charmant que de parcourir en filanzane cette « région couverte d'une belle végétation, par un sentier sablé qui « vous conduit alternativement du rivage salé au rivage d'eau

« douce. Iciy tous les végétaux que Von peut reconnaitrej ceux que « ron a vus frêles et chétifs dans les serres les mieux soignées^ <t ont une vigueur et des proportions inconnues et servent de repères^ « à travers toute une flore nouvelle, aux fruits, aux fleurs, aux « feuillages étranges.

a A côté de la symétrie parfaite de Cinvolution des PandanuSy « viennent se suspendre les gracieux festons des lianes les plus « variées et les éclatantes corniches des orchidées.

« De temps en temps, des clairières en prairies apportent de « la lumière sous les voûtes sombres du chemin; et, durant trois « jours, on a l'impression que Von parcourt un parc dont M. Al- « phand a tracé les grandes lignes ou plutôt que, s'il était là, il « serait peut-être malheureux de voir que la nature fait mille fois « mieux que lui ce qu'il savait pourtant si bien faire.

« On pourrait là, sur une vaste échelle, faire tous les essais « d'acclimatation utiles à la France ou à la colonie. Tout est à « étudier, depuis les parfums, les laques et les épices jusqu'à ce <i merveilleux ver à soie du Betsileo, qui se nourrit des feuilles <t (ïune légumineuse arborescente et fournit un tissu qui manque ti à la gloire de notre fabrication lyonnaise. »

Nous ne voyons pas en quoi le canal des Pangalanes pourrait entraver la réalisation du rêve formé par M. Duportal et la création de son Parc national. Peut-être serait-il un peu éloigné de la métropole el ne recevrait-il pas beaucoup de visiteurs. Quoique le goût des voyages commence à se répandre, nous n'en sommes pas encore arrivés à partir pour Tamatave, comme Ton va à Houlgate ou à Biarritz. Aussi, donnerai-je la préférence à un plan dont un habitant de Nantes a pris la généreuse initiative et qui me paraît plus pratique et mieux adapté à nos mœurs généralement trop casanières.

A maintes reprises, nous avons été amené à constater un double obstacle qui paralyse Fessor et le succès des entreprises coloniales, surtout pour la mise en valeur agricole de nos possessions : c'est, en premier lieu, Tabsence d'un enseignement destiné à préparer les aspirants colons à leur future existence; en second lieu, d'un établissement botanique destiné à propager dans nos colonies les meilleures variétés de végétaux et plus encore à procurer aux colons les sources d'informations indispensables à la création et à la réussite de leurs exploitations.

Cette double lacune se fait d'autant plus vivement sentir que,

de jour en jour, nous voyons s'augmenter le nombre de jeunes gens appartenant aux classes aisées de la société qui subissent fattraction de la vie coloniale et que l'encombrement des carrières dans la métropole détourne vers elle. Or, cette lacune va être comblée.

M. Durand-Gosselin a, au début de cette année, informé le préfet de la Loire-Inférieure qu'il mettait à sa disposition :

i^ Un domaine de 35 hectares, situé aux portes de Nantes, avec bâtiments, maison, dépendances, etc., d'une valeur de 400000 francs;

2^ Une somme de 300 000 francs pour la création d'une école d'horticulture ;

3® Un million de francs pour la construction de serres destinées aux cultures coloniales et à l'aménagement du domaine.

Le Conseil général, saisi de cette proposition, a manifesté l'intention de donner dans la création projetée une part prépondérante à l'enseignement des cultures coloniales et nous espérons que, grâce à la libéralité de M. Durand-Gosselin, notre pays ne tardera pas à être doté d'une institution dans le genre du collège colonial d'HoUeslay Bay et de l'Institut botanique de Kew, en Angleterre.

Nous savons bien que de savants spécialistes, comme M. Dybowski, n'ont aucun goût pour l'enseignement agricole colonial pratiqué dans la métropole et qu'ils soutiennent que ce genre de connaissances ne peut s'acquérir que sur place. Nous nous permettrons de leur répondre qu'il en est de l'enseignement agricole colonial comme de tous les enseignements. Il faut d'abord commencer par acquérir des connaissances générales avant de se spécialiser et d'être apte à pratiquer telle ou telle culture.

Les meilleurs élèves de l'Ecole polytechnique ou de l'École centrale seraient fort embarrassés si on les chargeait, au sortir de l'Ecole, de construire un pont ou un chemin de fer; ils ont besoin, pour assumer cette responsabilité, d'acquérir de l'expérience et de faire de nouvelles études qui leur paraîtraient singulièrement ardues s'ils n'y avaient pas été préparés. L'élève le plus brillant de l'École de Grignon éprouverait la plus vive anxiété s'il avait à diriger, du jour au lendemain, une grande exploitation agricole en France. Les lauréats de nos écoles supérieures de commerce perdraient certainement la tête s'ils devaient immédiatement diriger une grande maison de commerce; mais

après quelques années passées dans les bureaux et dans les agences, ils en seront parfaitement capables et tout ce qu'ils auront appris à Técole leur sera d'une extrême utilité.

Si, dans nos facultés de médecine, auprès desquelles se trouvent des hôpitaux riches en maladies exotiques, on instituait an enseignement et une clinique affectés aux jeunes docteurs qui se destinent aux colonies, ne leur rendrait-on pas à eux et à leurs futurs malades un immense service? Ne seraient-ils pas bien mieux préparés à leurs fonctions qu'ils ne le sont actuellement?

La plante humaine a besoin, comme les autres plantes, d'être soigneusement cultivée et on ne la transporte pas impunément des bords du lac du bois de Boulogne sur ceux du lac Tchad, ou même du lac Alaôtra, à Madagascar. Puisqu'on prend de la peine pour acclimater les plantes, il me semble que ce serait bien le moins qu'on entourât d'une égale sollicitude les jeunes Français qui s'expatrient et qu'on leur donnât l'instruction et l'éducation nécessaires pour vivre sous ces climats anémiants. Les facultés de médecine coloniale devraient donc avoir un double mandat : 1® fournir aux jeunes docteurs coloniaux une instruction spéciale pour leur carrière; 2® apprendre aux fonctionnaires et agents coloniaux ce qu'il leur est indispensable de savoir pour vivre dans les pays tropicaux et pour se soigner intelligemment quand, après un séjour prolongé aux colonies, ils retournent dans la mère patrie rétablir leur santé et reprendre des forces nouvelles.

Le métier de commerçant ou d'agriculteur-colon est un métier comme les autres, plus difficile même que les autres. Il faut donc l'apprendre et c'est à la mère patrie à fournir cette instruction et cette éducation.

On croit assez généralement dans notre pays qu'un homme peut embrasser ces carrières sans préparation, même quand il a été reconnu impropre à toutes les autres ou qu'il a passé sa jeunesse dans l'oisiveté et la débauche. C'est une erreur absolue; elle est cause de bien des insuccès et de cruels déboires.

Pour en revenir à l'enseignement agricole colonial, celui qu'on donnerait dans la métropole ne devrait en aucune façon empêcher le développement des jardins d'essai spéciaux dans chacune de nos colonies ou dans nos pays de protectorat; on continuerait à y étudier les essences propres à chaque climat, à

chaque naturedu sol, et les savants etles hommes pratiques établis sur les lieux pourraient donner libre carrière à leurs utiles travaux.

Cette digression, dont M. Duportal est surtout responsable, nous a été également inspirée par la discussion qui vient d'avoir lieu au Congrès national des Sociétés de géographie, tenu à Marseille du 18 au 25 septembre dernier, et dans laquelle M. Dybowski a combattu avec autant d'entrain que d'éloquence la création, dans certaines de nos universités, de chaires d'enseignement agricole colonial, que nous appelons au contraire de tous nos vœux.

Du reste l'administration des colonies n'est pas restée indifférente à cette idée et un rapport de M. Chapsal, publié par TO/yîcieldu 16 octobre, rappelle qu'elle a prescrit, à ce sujet, diverses études, parmi lesquelles les plus fécondes en résultats ont été les missions de M. Lecomte aux Antilles et à la Guyane; de M. de Bourie au Congo, et de M. Milhe-Poutingon aux jardins d'essai de Kew, de Bruxelles et de Berlin.

« Les conclusions de M. Milhe-Poutingon, en particulier, con- « signées dans un rapport très détaillé, ont paru mériter, dit ce « rapport, un examen des plus sérieux.

« Toutefois, quelque intéressantes que paraissent les propo- « sitions formulées dans ce rapport, on ne saurait les adopter « avant d'avoir pris l'avis des savants et des spécialistes les plus « autorisés en la matière. »

En conséquence, une commission a été nommée par le ministre et elle se compose de MM. Milne-Edwards, membre de l'Institut, directeur du Muséum d'histoire naturelle, président; Risler, de l'Institut national agronomique; Cornu, professeur au Muséum d'histoire naturelle ; Grandidier, membre de l'Institut; Viala, professeur à l'Institut normal agronomique; Rivière, directeur du Jardin d'essai d'Alger; Lecomte, professeur d'histoire naturelle au lycée Saint-Louis; Milhe-Pontingon, directeur de la Revue des cultures coloniales; Camille Guy, chef du service géographique et des missions au ministère des Colonies.

Cette commission devra donner son avis sur les deux points suivants :

1® Sur le principe même de la création d'un établissement métropolitain destiné à étudier les cultures nationales ;

2® Sur les voies et moyens à adopter en vue d'organiser l'établissement dont il s'agit.

Page 1