V. s. L. M., — EX VOTO RESTITVIT L. M., — V. S... etc
4B LES VOIES AifTiQqes
la bouche de tous les généraux qui firanchissent une montagne.
Rien ne manque au tableau^ ni la mise en scène, ni TefFet oratoire.
Hannibal montre à ses soldats exténués de fatigue et mourants de froid les plaines de l'Italie. « On s'était arrêté depuis deux jours au sommet pour donner aux soldats épuisés le repos nécessaire ; une neige épaisse enveloppait Tarmée. L'abattement et le désespoir étaient peints sur tous les visages. Hannibal prit alors les devants, escalada une sorte de promontoire d'où Ton pouvait découvrir de toutes parts une vue immense, fit faire halte à ses soldats et Jeur montrant de son épée les plaines baignées par le Pô, qui serpentait au pied des Alpes: f Amis, s'écria-t-il, vous escaladez en ce moment « les remparts de l'Italie ; que dis-je ? les murs mêmes « de Rome. Plus d'obstacles bientôt. Tout va s'aplanir c devant vous. Une bataille, deux peut-être,et la capi- « taie, le boulevard de l'Italie est entre vos mains, en • votre puissance ». Il dit, et l'armée poursuivit sa marche » (i).
Le grave Polybe lui-même, si peu sujet à la déclama-
it) Prcegressus signa, Annibal in promontorio quodam, unde
longe lateque prospectus erat militibus Italiam os-
tentât
Subjectosque Alpinis montibus circumpedanos campos.,,^.. T. Liv. XXI, XXXV.
Voir, comme pendant de la harangue d^Hannibal, le discours véritablement académique que Tite-Live place dans la bouche de Scipion^ campé sur les bords du Tessin, au moment où il va engager ses légions contre les troupes carthaginoises* Cest un véritable tournoi d'éloquence entre les deux chefs des deux arméeSé-^T.-Liv« XXI, L et Li.
DE LA RÉGION DU RHONE 4g
tiorij, s'était, lui aussi, laissé gagner parTenthousiasme. € Les soldats étaient consternés, dit-il ; Hannibal les assemble ; et, comme du haut des Alpes, qui semblent être la forteresse de l'Italie, l'on voit à découvert toutes ces vastes plaines que le Pô arrose de ses eaux, il se servit de ce beau spectacle^ Tunique ressource qui lui restait, pour remettre ses troupes de leur frayeur. En même temps^ il leur montra du doigt Tendroit où Rome était située » (i).
Après quelques heures de repos sur le faîte, il fallut songer à descendre, et cette descente fut terrible (2). Les hommes et les chevaux glissaient sur la neige et roulaient dans les ravins. Partout des rochers arides^ surplombant des précipices et sur lesquels on ne pouvait poser le pied qu'après y avoir creusé à grand peine une trace. Tout le monde connaît la célèbre légende, si complaisamment reproduite par Tite-Live et la plupart des historiens classiques du feu et du vinaigre qui auraient été employés tour à tour pour briser les roches les plus dures (3). Ce
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