CHAPITRE II
Les voies de conduction de la sensibilité générale depuis le bulbe jusqu'à la couche optique.
On ne peut pas, pour cette partie du trajet des voies sensitives, . prendre un point de départ certain comme dans la moelle où l'anatomie et la physiologie démontrent la nature centripète et sensitive des racines postérieures. Dans l'isthme de l'encéphale la physiologie expérimentale a prouvé que les troubles de la sensibilité sont croisés par rapport à une lésion unilatérale, mais les hémisections du bulbe et de la protubérance sont des opérations graves qui ne permettent pas un examen précis de la sensibilité et les lésions partielles ne donnent que des phénomènes de déficit transitoires. C'est par l'histologie normale et pathologique qu'on a pu débrouiller le réseau des fibres qui parcourent cette région et on peut à présent considérer comme suffisamment connue la voie qui fait suite aux cordons postérieurs et qui porte en France le nom de ruban de Reil, en Angleterre ceux de lemniscus ou de fillet, en Allemagne celui de Schleife. Ce faisceau, en raison de son long trajet, se prête mieux que les autres voies centripètes aux recherches d'anatomienormale etpathologique ; nous commencerons donc par l'étude anatomique du ruban de Reil. Mais bien qu'on donne encore souvent à ce système de fibres le nom de faisceau sensitif, il ne faut pas oublier qu'il ne peut à lui seul expliquer la conduction de la sensibilité entre le bulbe et la couche optique. La substance grise médullaire se continue par la substance réticulée du bulbe, de la protubérance et des pédoncules et sur tout son trajet sont placées de nombreuses fibres commissurales et d'association. Nous verrons en étudiant les fonctions du ruban de Reil qu'on ne peut faire abstraction de ces éléments qui doivent avoir ici une importance aussi grande que dans la physiologie de la moelle.
LE RUBAN DE REIL