HU 1(.\N DE REIL TU UAMIQUE
dit ruban de Reil médian (1), un champ de fibres placé dans là partie inférieure de la couche optique, au-dessous et en dehors du centre médian de Luys.
V. Monakow (2), la môme année, dans un travail très documenté, confirme ses premières conclusions sur l'arrêt des fibres longues du ruban de Reil dans la partie ventrale de la couche optique. Le mot de ruban de Reil cortical, créé par lui douze ans auparavant, n'est qu'une dénomination expérimentale, désignant la partie de ce faisceau qui s'atrophie à la suite de lésions corticales ; son importance doit être variable suivant les espèces animales. V. Monakow donne également dans ce travail deux nouvelles observations personnelles de lésions corticales infantiles dans lesquelles le ruban de Reil est simplement atrophié, l'atrophie diminuant d'ailleurs de haut en bas.
Cette notion de la terminaison du ruban de Reil dansla couche optique commence d'ailleurs à être généralement admise; Bechterew (3) reconnaît qu'on ne peut démontrer une connexion directe de ce faisceau avec l'écorce cérébrale ; Greiwe (4) publie un cas dans lequel une lésion de la calotte pédonculaire avait produit, en même temps qu'une dégénérescence descendante du ruban de Reil, une dégénérescence ascendante jusque dans la partie ventrale de la couche optique avec intégrité de la capsule interne. Schlesinger (5) après examen de plusieurs cas de dégénérescence ascendante, conclut de la même façon; etrécemmentC. Mayer (6) a pu suivre avec la méthode de Marchi une dégénérescence ascendante du ruban de Reil jusque dans le noyau ventral et le noyau externe de la couche optique.
Il semble donc démontré que les fibres longues du ruban de Reil
(1) M. et ]Vlme Dejerine. Anatomie des centres nerveux , Paris, 1894, p. 611.
(2) V. Monakow. Experimentelle und patbologisch-anatouiische Untersuchungen ûber die Haubenregion, den Sehûgel und die Regio substbalauiica, etc. Arch. fur Psych., 1895, Bd XXVII, p. 15], 185.
(3) Bechterew. Ueber die Schleifenschicht, etc. Neurol. Central])., 1896, p. 361.
(4) Geeiwe. Ein solitarer Tuberkel im rechten Grosshirnschenkel, beziehungsweise in der Schleife. Neurol. Centralblatt, 1894, n° 4.
(5) Schlesinger. Beitriige zur Kenntniss der Schleifendegenerationen. Arbeiten au* don Institute fur Anatomie und Physiologie des Centralnervensy stems, Wien 1896, Heft IV.
(6) C. Mayer. Zur Kenntniss des Faserverlaufes in der Haube, etc. Jahrbuchcr fiir Psychiatrie und Newrolorjie, 1897.
LE IIUBA.N DE RE IL MEDIAN
médian se terminent dans la partie inférieure e1 externe du thalamus et ne vont pas directement vers l'écorce en passant par la capsule interne. Si cette dernière hypothèse était vraie, il devrait subir une dégénérescence rétrograde presque aussi marquée dans les cas de lésions corticales étendues que lorsque la couche optique est détruite; or ce n'est pas le cas : les lésions de l'écorce cérébrale ne produisent, même après un grand nombre d'années, qu'une faible diminution de volume du ruban de Reil, explicable par la dégénérescence des faisceaux accessoires que nous décrirons bientôt. Ce n'est que lorsqu'on a affaire à une lésion corticale congénitale ou acquise dans la première enfance, que ce faisceau, comparé avec celui du côté opposé, peut présenter une réelle asymétrie, mais elle ne peut être assimilée à la dégénérescence des fibres cortico-thalamiques, les fibres du ruban de Reil restant colorables ; c'est une atrophie simple (v. Monakow, Mahaim, Dejerine), peut-être même un simple arrêt de développement.
Ces arguments fournis par l'étude des lésions cérébrales sont confirmés par les observations expérimentales et pathologiques, dans lesquelles il est montré que la dégénérescence ascendante du ruban de Reil arrive à la partie inférieure du thalamus et ne va pas au delà. Les deux cas que nous publions plus loin (cas I et II) nous semblent s'accorder avec cette conclusion, et nous ne pensons pas qu'elle puisse être infirmée par les recherches expérimentales de Ferrier et Turner et de Tschermak (voir page 50). Ces auteurs trouvent dans la capsule interne et dans la couronne rayonnante un certain nombre défibres dégénérées qui devraient représenter un prolongement direct des faisceaux du ruban de Reil vers l'écorce cérébrale. Ferrier et Turner en voient même dans le segment antérieur de la capsule interne et jusque dans le corps calleux ; et c'est justement ce qui permet de supposer qu'il ne s'agit que de fibres normales imprégnées par l'acide osmique en dehors des dégénérescences secondaires, ce qui arrive souvent lorsqu'on emploie la méthode de Marchi. Dans trois cas de dégénérescences expérimentales du ruban de Reil que nous avons produites chez le chien par l'ablation des noyaux des cordons postérieurs, nous avons aussi vu quelques fibres colorées en noir dans la capsule interne, mais il en existait de semblables dans le pied du pédoncule au-dessous de la région où le ruban de Reil