FAISCEAUX ACCESSOIRES
pourrait passer dans la capsule interne ; d'autre part, La situation de ces fibres variait d'une coupe à l'autre, sans jamais se mettre en connexion directe avec les fibres contenues dans la couche optique, et nous n'avons pu y voir autre chose que l'imprégnation de fibres indépendantes du faisceau de Reil dégénéré ; ce dernier s'épuisait d'ailleurs assez rapidement dans la partie inférieure du thalamus.
Connexions latérales et faisceaux accessoires du ruban de Reil médian. — Le ruban de Reil ne contient pas seulement les fibres longues dont nous venons d'étudier l'origine et la terminaison. Il émet dans ce trajet des fibres qui établissent des connexions avec les différents étages de l'isthme de l'encéphale et il doit aussi contenir des fibres extrinsèques qui se joignent à lui pendant un trajet plus ou moins long. Il forme donc un système complexe. Cette conclusion est celle de tous ceux qui ont étudié ce faisceau, elle était déjà indiquée par Forel, Mendel, Obersteiner.Edinger, Bechterew, etc.
V. Monakow (1) fait remarquer à ce propos l'inégalité des dégénérescences ascendantes ou descendantes du ruban de Reil, suivant la hauteur à laquelle est placée la lésion causale. Il est, dit-il, probable que ce faisceau reçoit des fibres accessoires dans le bulbe et la protubérance, car après une destruction complète du noyau du cordon de Burdach, il contient encore des fibres normales, et si la lésion est dans la protubérance, la dégénérescence ascendante totale est réparée en partie par l'apport de nouvelles fibres dans la région sous-optique. V. Monakow admet aussi que le ruban de Reil doit abandonner des fibres dans la protubérance et la région des tubercules quadrijumeaux et que, d'autre part, il contient des fibres accessoires qui s'atrophient à la suite de lésions corticales.
Sch le singer (2) dit aussi que ce faisceau est formé par différents systèmes de fibres et qu'il doit en particulier contenir beaucoup de fibres courtes. Et si la dégénérescence descendante est plus compacte lorsque la lésion est plus inférieure, on doit, d'après ces deux auteurs, l'expliquer par la destruction d'un plus grand nombre de fibres longues
(1) V. Monakow. Loc. cit. Arck.f. Psych., 1895, Bd XXVII, p. 184.
(2) Schlesinger. Beitrage zur Kenntniss der Schlcifcndegencrationen, 189G, page 66.
LE RUBAN DE REIL MÉDIAN
et courtes. M. Dejerine pense qu'on doit surtout tenir compte dans ce cas de la dégénérescence cellulipète, plus intense lorsque la section des cylindre-axes s'opère plus prùs de leur centre trophique.
Connexions latérales et faisceaux accessoires ascendants. — Il sont en somme peu importants et ne nécessitent qu'une énumération rapide.
Les fibres arciformes qui partent du noyau des cordons postérieurs s'entrecroisent dans le raphé médian et Cajal (1) a trouvé une division des cylindre-axes en deux branches, ascendante et descendante, analogue à celle des fibres radiculaires postérieures de la moelle .
L'entrecroisement des fibres arciformes est-il total? Obersteiner, Schlesinger admettent l'existence de fibres arciformes directes qui vont à la couche interolivaire du même côté ; en effet, ce dernier auteur a vu, dans un cas de dégénérescence ascendante du ruban de Reil, arriver des fibres saines dont le nombre augmentait progressivement, mais il ne croit pas qu'elles correspondent aux fibres d'origine médullaire décrites par Homen, Spitzka, Edinger, etc. On peut rappeler ici que d'après Edinger il existe un faisceau sensitif croisé qui passe par les cordons antéro-latéraux de la moelle et irait former la partie postérieure de la couche interolivaire. Nous avons vu que l'étude des dégénérescences secondaires de la moelle ne confirme pas cette théorie, et, d'autre part, on sait que le contingent de fibres fourni par les noyaux des cordons postérieurs occupe toute la couche interolivaire (Kôlliker).
Des connexions du ruban de Reil avec les olives bulbaires avaient été décrites par Meynert, Flechsig, Roller, Mendel, etc., lorsqu'on faisait encore des olives le point de départ de ce faisceau. Malgré la nouvelle conception de la couche interolivaire, il est cependant possible que quelques fibres venant des noyaux des cordons postérieurs s'y arrêtent; c'est un point que n'a pu encore élucider l'anatomie normale et pathologique (2).
Plus haut on a décrit des fibres se détachant du ruban de Reil médian et allant au corps trapézoïde et aux tubercules quadri-
(1) Cajal. Beitrag zum Studium der Medulla oUongata. Leipzig, 1S96, p. 51.
(2) Thomas. Le cervelet. Thèse de Paris, 1897, p. 80.