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CHAPITRE III

Les voies de conduction de la sensibilité générale de la couche optique à l'écorce cérébrale.

L'étude de cette dernière étape des voies sensitives peut se faire en associant les enseignements de l'anatomie normale et pathologique sur la structure du cerveau avec la méthode des localisations cérébrales. Mais pendant longtemps c'est cette dernière qui a été seule chargée de résoudre cette question, et l'insuffisance des procédés employés dans les laboratoires ne lui permettait pas de le faire autrement que par un simple examen macroscopique des lésions; on conçoit qu'elle a été ainsi amenée à décrire des centres et des faisceaux dont on a admis l'existence sans contrôle anatomique. C'est la méthode des coupes microscopiques sériées qui a permis d'arriver à une idée plus exacte de l'organisation du cerveau en même temps qu'elle démontrait qu'en pathoiogic il est nécessaire de reconnaître la nature et l'étendue d'une lésion avant de formuler des conclusions d'ordre physiologique.

Ces réserves avaient d'ailleurs été faites dans les débuts de la doctrine des localisations cérébrales, et les plus autorisés parmi ses défenseurs avaient mis en évidence les difficultés en face desquelles on se trouve placé lorsqu'on veut, par l'examen anatomique d'une lésion, expliquer les symptômes observés en clinique. Nothnagel (1) en particulier, et avant lui Jackson (2), Goltz ont insisté sur l'importance des phénomènes d'excitation ou d'arrêt qui viennent se mélanger aux phénomènes de déficit liés à la destruction des tissus; dans les lésions qui se produisent en une fois (hémorrhagie, ramolli) Nothnagel. Traité clinique du diagnostic des maladies de l'encéphale. Édit. française, 1885.

(2) Jackson. Clinical and physiological researches on the nervous system. Lnnnet, 1873.

CONNEXIONS THALAMO-COHTICALES

lissement), Nolhnagel pense qu'il faut un minimum de 6 à 8 semaines pour ramener la symptomatologie à sa valeur exacte, tandis qu'avec d'autres lésions, comme les tumeurs, par exemple, il est difficile de faire la part de ces deux catégories de phénomènes qui se mélangent en tout temps.

Les coupes microscopiques sériées ont montré en outre que les lésions sont dans la réalité bien différentes de celles que laisse voir un simple examen macroscopique, et presque toujours on les trouve plus étendues qu'on ne se l'imaginait d'abord.

Si on veut bien se reporter aux descriptions classiques de Dur et et d'Heubner sur les artères du cerveau et leur mode de distribution, on comprend aisément que les lésions centrales du cerveau doivent être complexes. L'irrigation des faisceaux blancs qui passent par la région sous-optique, la capsule interne et la couronne rayonnante, est assurée par les artères centrales qui traversent en même temps les noyaux gris, et si on met à part les foyers de petites dimensions, qui ne produisent pas de troubles fonctionnels appréciables s'ils ne sont pas multiples, on se trouve en présence de lésions souvent difficiles à délimiter.

Deux processus pathologiques agissent en créant dans un court espace de temps des lésions définitives : l'oblitération artérielle par thrombose ou embolie et Vhémorrhagie cérébrale. Dans le premier cas, la nécrose perte sur un territoire plus ou moins étendu suivant l'importance et le nombre des artères oblitérées, mais qu'on ait affaire aux artères optiques, aux artères lenticulaires ou aux artères choroïdiennes, on conçoit qu'une lésion des noyaux centraux peut difficilement exister sans une altération concomitante des faisceaux blancs de la région sous-optique, de la capsule interne ou de la couronne rayonnante, et vice versâ. Si c'est dans les artères corticales que l'oblitération vasculaire s'est produite, la lésion peut être plus ou moins profonde et aller parfois jusqu'à la partie périphérique des noyaux centraux, et d'ailleurs on trouve fréquemment à l'examen microscopique des lésions multiples corticales et centrales, restées inaperçues jusque-là.

Dans le cas d'une rupture artérielle, l'étendue des lésions est encore plus variable ; l'hémorrhagie agit par infiltration, et, tandis

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