THÉORIE DES CENTRES DISSOCIATION
elle-même montrerait leur développement rudimentaire dans certaines espèces animales. Ces centres d'association sont au nombre de trois dans la première description de Flechsig: le grand centre d'association postérieur comprenant une grande partie des lobes occipital, pariétal et temporal, le centre d'association moyen (insula de Reil) et le centre d'association antérieur (lobe frontal). D'après Flechsig, c'est dans ces centres que s'effectueraient les actes les plus compliqués de l'intelligence et de la pensée.
Il y a dans cette conception deux choses fort différentes à considérer : une hypothèse anatomique et une théorie physiologique. L'hypothèse anatomique est inadmissible. De nombreux contradicteurs, se basant sur l'anatomie normale, l'anatomie comparée, l'anatomie de développement et sur les dégénérescences secondaires, ont bientôt démontré de nouveau qu'il n'existe pas de régions de l'écorce cérébrale sans fibres de projection [D e j e r i n e (1) , S a c h s , V o g t,N i s s 1, S i emerling, v.Monakow, etc.]. Flechsig(2) lui-même, dans un récent article, modifie sa première description : il reconnaît d'après l'époque de myélinisation quarante centres d'association, et il donne à entendre que leur nombre augmentera encore avec de nouvelles recherches ; leur volume est bien moins considérable que celui des centres décrits auparavant, et, d'autre part, Flechsig reconnaît qu'ils peuvent avoir aussi bien que les autres des fibres de projection. Reste donc la théorie physiologique ; elle est, pour parler plus exactement, psychologique et nous n'avons pas à la discuter dans ce chapitre. Il ne s'agit plus, en effet, de vastes centres ayant une structure différente, mais de petites régions qui, si elles existent, ne se distinguent que par leur développement plus tardif; cette théorie ressemble donc à celles que nous examinerons plus loin et dans lesquelles on discute le rôle des nombreux éléments fonctionnels qui se trouvent dans l'écorce cérébrale. Elle n'est plus en contradiction avec la conclusion déjà formulée : la couche optique est en relation par V intermédiaire de la couronne rayonnante avec la totalité de l'écorce cérébrale.
(1) Dejerine. Sur les fibres d'association et do projection des hémisphères olrébranx. Société de biologie, 20 février 1897.
(2) Flechsig. Neue Untorsuchungen iiber die Markbildung in den nieuschlichen Grooshirnlappen. Newrolog. Centralb., 1898, n° 21.