‹ Les voies centrales de la sensibilité générale [electronic resource]Chapitre 30 sur 45 · MÉTHODE AN ATOMO- CLINIQUE · texte numérisé non relu

MÉTHODE AN ATOMO- CLINIQUE

Tout d'abord, malgré ces faits positifs, on se montra peu disposé à admettre que dans cette zone sensitivo-motrice les centres du mouvement et ceux de la sensibilité ont les mômes limites. M. Ballet (1), d'après la disposition du laisceau sensitif de Meynert, suppose que la zone sensitive peut être confondue en avant avec la zone motrice, mais qu'en arrière elle doit s'étendre beaucoup plus loin, jusqu'aux circonvolutions occipitales. Il invoque comme preuve la réalisation par l'hystérie d'une hémianesthésie sans hémiplégie.

Puis grâce à une série de travaux parmi lesquels nous ne citerons que les plus importants, l'idée de la localisation de la motilité et de la sensibilité dans une même région s'impose peu à peu.

Bernhardt (2), Exner (3), Petrina (4), Lisso (5) apportent des faits anatomo-pathologiques à l'appui de cette théorie, mais pour ces deux derniers auteurs le lobe pariétal n'est pas exclu de la zone sensitivo-motrice. Lisso, en particulier, dans un travail publié sous l'inspiration deMunk, analyse avec soin 88 observations de lésions des circonvolutions motrices. La sphère sensitive (Fûhlsphàre de Munk) est, d'après lui, le siège delà mémoire des images de la sensibilité générale et du mouvement; elle est identique avec la zone motrice, mais elle a en réalité une étendue plus considérable que l'ancienne zone motrice, car elle s'étend sur les circonvolutions frontales, centrales et pariétales.

Ensuite cette participation de tout le lobe pariétal à la zone sensitivomotrice ne paraît plus aussi nécessaire, et dans les travaux plus récents, c'est bien à la lésion delà zone motrice, telle qu'on la conçoit d'aprèsles localisations expérimentales et pathologiques,qu'on rapporte la pathogénie de l'hémianesthésie par lésion corticale. M. Dejerine,

(1) Ballet. Recherclws anatomiques et cliniques sur le faisceau sensitif et les troublas de la sensibilité dans les lésions du cerveau. Thèse de Paris, 1881.

(2) Bernhardt. Beitràge ew Symptomotologic und Diagnose der Hirngesoh* ■wiilste, Berlin, 1881. Beitriige zur Lehre von den Stôrungen der Sensibilitiit und des Sehwermogens bei Liisionen des Hirnmantels. Arch. fur Psych., Bd XII, 1882, p. 780.

(3) Exner. TJntcrsuchugen iiber die Localisation der Functionen in der Crrosshirn* rinde desMenschen. Wien, 1881.

(4) Petrina. Ueber Sensibilitiitsstôrungen bei Hirnrindenliisionen. Zeitschrift fiir Ifailkunde, Bd 1881.

(5) Lisso. 'Air Lehre und Localisation des Gefiiltls in der Cfrosshirnrindc.BcvYm,

LOCALISATION COHTICALK DK l'hÉMIANESTHÉSIE

dans une étude sur les aphasies, avait déjà fait la remarque : a Les troubles de la sensibilité cutanée ne sont pas rares dans les cas d'hémiplégies par lésions des zones motrices correspondantes, les zones sensitives corticales sont peut-être moins éloignées qu'on ne le pense des zones motrices (1). » Plus tard, en étudiant plus spécialement ce sujet, à l'occasion d'une observation suivie d'autopsie, il conclut : « La motilité, la sensibilité générale et le sens musculaire ont une seule et môme localisation (2). » Henschen (3) cite également de nombreux cas dans lesquels les troubles de la sensibilité dépendent d'une lésion des circonvolutions motrices.

Dana (4) enfin, dans un des travaux les plus complets publiés sur cette question, analyse des observations très affirmatives dans le même sens. Il en tire des conclusions qui confirment celles qu'il avait déjà énoncées plus brièvement dans d'autres mémoires (5) et qu'il n'est pas sans intérêt de rapporter ici : « Les circonvolutions centrales sont essentiellement motrices, mais elles servent en même temps de centres de perception pour les différentes impressions sensitives, et en outre les sensations cutanées et musculaires y sont conservées comme des souvenirs et servent parleur association à régulariser les mouvements volontaires et automatiques ; les fonctions de l'écorce sont donc multiples, les fonctions plus élevées et plus complexes sont en même temps plus différenciées et plus localisées, et en cas de lésions elles s'affaiblissent et disparaissent les premières. C'est ainsi qu'on observe suivant l'intensité de la lésion : d'abord des troubles de la faculté d'associer et de localiser les sensations tactiles et musculaires, et de l'inhabileté dans les mouvements, puis une diminution de la sensibilité tactile et enfin une diminution de la sensibilité douloureuse.

(1) Dejerine. Étude sur l'aphasie. Mevue de médecine, 1885, p. 183.

(2) Dejerine. Sur un cas d'hémiplégie avec hérnianesthésie de la sensibilité générale et perte du sens musculaire par lésion cérébrale corticale. Revue Neurologique, 1893, p. 50.

(3) Henschen. Klhmclw und anatomische Beitràge zur Pathologie des Gehirns. 1" partie, 1890, 2° partie, 1892. Observations 16, 20, 23, 24, 37.

(4) DANA. On the localisation of cutaneous and muscular sensations and meiuories. Journal of Nervoics and mental Diseuses, décembre 1894. Analyse dans : Brain, LXXIII, Spring 1896.

(5) Dana. Journal of Nurvous and Mental Diseases, octobre 188S.

— An expérimental study of the seat of cutaneous sensations. Médical Record, New-York, mai 1893.

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