CHAPITRE m
le même résultat: cependant la méditation l'opère avec plus de force, parce que les affections et les résolutions fécondent les réflexions en faisant passer les convictions de Tesprit dans la volonté et la conduite.
Le but immédiat de la méditation est de provoquer les affections, demandes et résolutions ; le travail de l'esprit a pour fin de mettre la volonté en mouvement. ' — Les considérations, en effet, ne sont pas l'oraison * , ce n'est cependant pas une simple étude ; on ne médite point pour savoir, comme on étudie pour s'instruire; quoique la foi s'éclaire et que les convictions se fortifient dans la méditation, on s'y propose surtout d'enflamnier la volonté par d'ardentes affections et de l'entraîner à de généreuses résolutions, en lui présentant des raisons saisissantes. En un mot, la méditation n'est pas tant l'oraison que l'introductrice de l'oraison 2 .
Rodriguez emploie une comparaison familière qui peint bien ce rôle de la méditation: « On a besoin d'aiguilles pour coudre; mais ce n'est pas l'aiguille qui coud, c'est le fil; et ce serait un travail bien inutile et bien ridicule que celui d'un homme qui emploierait le jour à passer dans la toile une aiguille sans fil. Cependant, c'est à peu près ce que font ceux qui dans l'oraison méditent et réfléchissent beaucoup, sans s'appliquer aucunement à produire des actes de volonté et de charité.