‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 102 sur 321 · Voir 2* part. c. i, § 2, p · texte numérisé non relu

Voir 2* part. c. i, § 2, p

432 DE l'oraisoï»

Car la méditation doit être comme l'aiguille ; il faut qu'elle passe la première ;mais c'est pour faire passer après elle le fil de l'amour et les mouvements affectueux par lesquels notre volonté nous unit à Dieu » 1.

Ceci posé, quelle étendue faut-il donner aux considérations? Il en faut donner plus ou moins, selon qu'il est utile pour fortifier les convictions, et surtout pour amener les affections, demandes et résolutions.

Je fais oraison, par exemple, sur la brièveté de la vie et la durée sans fin de l'éternité, sur le néant des biens qui passent et l'importance de ceux qui sont éternels, etc ; tant que j'ai encore peu réfléchi à cet ordre d'idées, il me faut du temps pour les saisir, j'ai besoin de les tourner et retourner, de les scruter sous tous leurs aspects ; elles ne pénètrent que laborieusement mon esprit et ma volonté. Dans le principe, il me faudra donc de longues considérations. Puis, lorsque l'habitude m'aura rendu ces pensées familières il me suffira d'un moment de réflexion, peut-être même d'un souvenir, d'un regara rapide, pour que ces pensées me saisissent et qu'elles raniment leur influence sur mon oraison et ma conduite.

De même, s'il s'agit d'amener les actes delà prière, je ne dois faire passer l'aiguille de la méditation qu'autant qu'il est nécessaire pour introduire le fil des affections; j'imposerai donc silence à mes réfle-

Page 1