S. Franc, de Sale.s, Vie dév., 2* part-, c. v
13S DE l'oraison
passer plus outre ; faisant comme les abeilles qui ne quittent point la fleur tandis qu'elles trouvent du miel à recueillir. Mais si vous ne rencontrez pas selon votre souhait en l'une des considérations (ou quand elle est épuisée), après avoir un peu marchandé et essayé, vous passerez à un autre point d'où vous tirerez considérations et affections, et ainsi de suite ».
c( Louis de Grenade et saint François de Sales conseillent à ceux qui ont peine à raisonner, surtout dans les commencements, de recourir au livre : de lire le premier point, et, s'il ne leur vient aucune bonne pensée qui les occupe, de recommencer et de lire encore quelques lignes, puis de s'appliquer un peu à réfléchir, à produire des afî"ections de reconnaissance, de douleur et d'humilité. Quand ils trouveront quelque chose qui les touchera, ils devront s'y arrêter, pour en tirer tout le fruit qu'ils pourront •* ». Sainte Thérèse avoue ^cc qu'elle a passé plus de quatorze ans sans pouvoir méditer si ce n'est en lisant ». Il faut toutefois faire en sorte que l'oraison ne dégénère pas en une simple lecture, et que la curiosité de lire et la paresse à réfléchir n'empêchent pas le travail personnel de l'esprit. c Dieu tient compte de la bonne volonté, et il la récompense. Peu à peu les réflexions diminuent, les sentiments affluent, le cœur goûte, se nourrit, s'enflamme ; quelquefois il ne faut qu'un mot pour oc-