CHAPITRE IV
nousgardantbiendepasserà un autre, tant que l'acte présent nous fait du bien. On choisira tantôt l'un, tantôt l'autre, un seul ou plusieurs, de manière qu'aucun de ces actes fondamentaux ne disparaisse habituellement.
I. — Indiquons tout d'abord les actes de la vraie pénitence que d'autres nomment « la confession spirituelle » .
Gela signifie : 1" demander un cœur contrit et humilié, car nous avons besoin de Dieu pour nous repentir. — 2" Faire un humble aveu de nos péchés à Notre-Seigneur qui les connaît et les déteste ; nous voulons dire non seulement ceux qui ont rapport à notre sujet d'oraison, mais toutes les fautes de notre vie passée etnos misères présentes, surtout nos défaillances principales et notre vice dominant. — 3» Faire un acte sérieux de contrition et de bon propos. D'après saint Alphonse, les actes de contrition et de charité forment la partie la plus excellente de l'oraison. Excitons-nous donc au repentir parla crainte ou par l'espérance ; aspirons surtout à celui qui est fait de pur amour ; et n'oublions jamais que s'il e.st nécessaire de laver le passé dans les larmes de la pénitence, notre principale application doit être d'assurer l'avenir par un propos ferme et efficace. — 4° Offrir à Dieu en expiation quelque sacrifice volontaire; accepter surtout ceux que nous imposent nos règles et les dispositions de la Providence ; renoncer, par exemple, à telle irrégularité, se résoudre à supporter tel frère, à prendre comme de la main de Dieu telle infirmité ou toile peine d'esprit, parce qu'on a
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mérité bien davantage. Cette expiation secrète, et intime dispose excellemment l'âme à l'accomplissement extérieur du sacrifice. — 5° Implorer la grâce du pardon et de l'amendement. Saint Alphonse ne recommande rien plus souvent que cette demande ; il imite en cela Notre-Seigneur qui la met sur nos lèvres dans le Pater, et l'Église qui nous la fait répéter sans cesse. C'est qu'en effet, « il y a des péchés qui sont pardonnes et non pardonnes ; pardonnés, puisque l'absolution ou la contrition les a effacés ; non pardonnes, parce que Dieu peut encore en tenir compte ^ », soit en les punissant, soit surtout en nous refusant les grâces spéciales qu'il destinait à notre fidélité. Désolé d'avoir oiTensé un Dieu si digne d'amour, un bon cœur ne se lasse pas d'en exprimer ses regrets.
Telle est la confession spirituelle ou la pénitence dans la prière. On peut tantôt se borner à un seul ou à plusieurs de ses actes, tantôt les faire tous; il est très sage d'employer entièrement son oraison du matin à cet exercice de componction les jours où l'on doit recourir au sacrement de Pénitence ; en toute occasion, soyons sincèrement pénitents dans nos relations avec Dieu.
Cette confession spirituelle convient spécialement aux commençants ; elle sera très utile encore aux progressants, et même aux parfaits ; cependant cee derniers la simplifieront comme ils simplifient tou-