CHAPITRE I i
et confusion, exprime son repentir, fait appel à la miséricorde divine, forme de salutaires résolutions, s'inflige des expiations et accepte les austérités de la Règle et les croix de Providence.
3°. — Tous les bienfaits généraux et particuliers qu'elle a reçus de Dieu, elle les fait remonter à Dieu par la reconnaissance. Et souvent pendant qu'elle se répand en effusions de gratitude, frappée de la bonté divine et de la charité infinie dont tous ces bienfaits sont la manifestation, elle s'élève facilement de la reconnaissance à l'amour, rentrant ainsi dans la première fonction de la prière.
4». — Enfin l'âme sollicite de nouvelles grâces, temporelles et spirituelles, pour elle-même et pour tous ceux qui lui sont chers, plaidant tour à tour la cause de Dieu lui-même, de son Église militante ou souffrante, de la patrie, du clergé et des religieux, de son Ordre spécialement, des justes et des pécheurs, etc., etc.
En résumé, la prière est une élévation de l'âme en Dieu pour l'adorer, le remercier, lui demander pardon et solliciter ses grâces.
Schram i fait une remarque très juste qu'il emprunte à Suarez 2 . « La prière peut s'appliquer à l'une des choses que nous venons d'énumérer de préférence à toute autre. Bien plus la prière vocale ou mentale, quelque prolongée qu'elle soit, peut se
?. Schram, éd. Vives, 1874. Theol. myst., t. l"'. S xxn bis î. Suarez, De Relig., 1. u, c. 3.
in DE l'oraison
borner à un seul de ces actes, parce qu'il n'y a aucune obligation, aucune, nécessité de les unir toujours, et qu'il peut arriver parfois qu'on retire plus de fruit, plus de ferveur et de dévotion, de la continuation d'un seul que de la réunion de tous. Dans ce cas, on doit s'en tenir à celui qui nous est le plus profitable, sans cherchera les unir ».
Toutefois, il faut noter que si l'on se borne à louer Dieu, à le remercier, à se repentir, on s'est livré à un excellent exercice de vertu, mais on n'a pas prié, rigoureusement parlant ; car les trois premières fonctions n'appartiennent à la prière que si on la prend dans son acception la plus large. Au sens strict, elle consiste dans la demande et on la définit alors avec saint Jean Damascène : « La demande à Dieu de choses convenables * », c'est-à-dire de choses qui puissent glorifier Dieu et faire du bien à notre âme, et qui soient dès lors conformes au bon plaisir divin. On la définit encore : un acte par lequel l'intelligence, se faisant l'interprète de la volonté, expose un désir de l'âme, et s'efforce d'amener Dieu à nous l'accorder.
La prière, considérée comme demande, est toute entière dans l'exposition qu'on fait à Dieu d'un désir pour qu'il l'exauce : un désir vrai en est donc la condition préalable et essentielle ; sans lui tout se borne à remuer les lèvres, à réciter une formule que la volonté ne fait pas sienne ; l'oraison n'est qu'une