‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 136 sur 321 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

je loue, et j'aime ; et surtout je me confonds comme eux devant les miséricordieux abaissements et la folie d'amour d'un Dieu pour ses pauvres créatures, pour des pécheurs, pour moi. — Le démon cher^^he les moyens de perdre l'Enfant, il le poursuit de sa haine à travers les siècles, je me demande comment on peut haïr celui qui est l'amour même, comment hélas! j'ai eu la folie de le contrister par mes propres péchés. — Notre-Seigneur, humblement prosterné en esprit devant son Père, l'adore, l'admire, le loue, se réjouit avec lui, le remercie, le prie et lui rend mille hommages en son nom et au nôtre ; je m'unis d'intention ; j'essaie d'imiter tous les actes de religion de Notre-Seigneur, je les offre en y joignant les miens. Chargé de mes péchés et des crimes du monde entier, Notre-Seigneur a honte et s'humilie, il demande pardon pour tous les coupables et s'offre en victime ; avec lui, je suis confus, humilié, je demande pardon et j'accepte l'expiation. — L'heureuse Mère à genoux devant l'infinie majesté de cet Enfant, adore humblement son Dieu et chérit amoureusement son Fils; elle le caresse de ces regards enflammés où s'épanche toute son âme; pendant qu'elle le tient dans ses bras, qu'elle le console par les plus douces paroles et qu'elle remplit son office de mère, son cœur s'embrase d'amour, de reconnaissance, de foi et d'adoration ; mais déjà la douleur voile la joie, car son Fils sera l'homme des douleurs. — Saint Joseph admire l'insigne honneur que Dieu a daigné lui faire ; pendant qu'il contemple l'adorable Enfant et qu'il échange avec lui

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les marques de la plus confiante tendresse, son cœur déborde en mille sentiments d'amour et de reconnaissance ; il s'offre à son Dieu et accepte volontiers de se dévouer et de souffrir pour lui. — Avec Marie e» Joseph, j adore, j'admire, je loue, j'aime le doux Jésus ; si j'osais, je couvrirais ses pieds de mes baisers, et les arroserais de mes larmes : j'accepte pour lui les travaux et les sacrifices et me donne tout à Celui qui s'est donné tout à nous.

Je puis encore considérer la fin de ce mystère, ses causes, ses effets, le temps et les circonstances, etc.

La fin. — Notre-Seigneur vient à nous comme un sauveur, pour réparer la gloire de son Père, renverser l'empire du démon, briser la lourde cl)aîne de nos péchés, nous rendre la liberté et la paix avec la vie de la grâce et nos droits au ciel. 11 voile sa majesté, afin que nous cessions d'avoir peur de Dieu ; il se fait enfant pour être aimé ; il se pare d'innocence et de simplicité, pour conquérir les volontés en ravissant les coeurs ; il embrasse la pauvreté, les humiliations, les souffrances, l'obéissance, afin de les rendre aimables en sa personne, d'en faire le remède à notre triple convoitise.

Les causes. — Ce sont l'ineffable miséricorde et l'amour de Dieu le Père qui livre son Fils, de Noire- Seigneur qui se sacrifie pour épargner les coupables.

Les effets. — Dieu vengé, le mondesauvé, l'enfance devenue sacrée ; la pauvreté, la souffrance et l'obéissance remises en honneur; les peuples à genoux 4evâut un@ crèche ; le Dieu, autrefois si redouté,

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