P. Grasset
182 DE LORAÎSON
sujet. Lorsque la méditation d'une parole, ou de plusieurs, a sui'fl pour occuper toute la durée de l'oraison, on peut réciter couramment le reste de la prière, et reprendre la suite le lendemain.
«Ainsi quand vous aurez dit : Noire Père, arrêtezvous un peu de temps et savourez ce nom si tendre et si aiïectueux. Faites un acte de foi que Dieu est votre père. Considérez par combien de titres vous êtes son enfant, à savoir par la création, par la conservation, parla rédemption et par la justification. Dites en^ suite à votre âme : Mon âme, si Dieu est ton père, pourquoi est-ce que tu ne l'aimes point? d'où vient que tu ne lui obéis point? Si Dieu est ton père, que n'espères-tu en lui? Que ne lui demandes-tu tes nécessités? Dieu est ton père et tu crains de mourir de faim ! il a donné son sang pour toi et tu crois qu'il te refusera un morceau de pain ! 0 mon Dieu et mon père !f espère en vous ! ô le meilleur de tous les j)ères ! Que vous avez un mauvais enfant ! Oh ! que je suit marri de vous avoir offensé^ persécuté, déshonoré^ comme j'ai fait depuis que je suis au monde! Mon père, j'ai péché, je ne suis plus digne déporter la qualité de votre enfant ; mais permettez-moi de prendre celle de votre serviteur. Oh ! jamais je ne vous offenserai^ et je veux désormais vous aimer.
« Si cette seule parole vous occupe, il ne faut point passer outre Quand vous en aurez sucé le miel, passez à la suivante, qui êtes aux deux ; et considérez combien Dieu est grand et puissant, puisqu'il demeure dans un si beau palais ; que c'est là-haut qu'est votre héritage, qu'ainsi vous ne devez point