CHAPITRE VII
VOUS attacher à la terre. Fouillez dans ce champ évangélique, et vous y trouverez le trésor de la grâce qui vous enrichira et la source d'eau vive qui vous désaltérera.
« Après le Pater, vous pouvez passer à VAve, au Credo ou à quelque psaume que vous réciterez et vous examinerez de la même manière; vous pouvez aussi réciter les litanies du Saint Nom de Jésus, et vous arrêter à tous les titres qu'on donne au Fils de Dieu, produisant des actes de foi, d'espérance, d'amour, de contrition, de remerciement et autres semblables. Par exemple, quand vous direz : Jésus, Dieu de paix, ayez pitié de moi, arrêtez-vous un peu de temps, et considérez que Jésus est un Dieu de paix, que c'est lui seul qui peut la donner à votre cœu r. Hé pourquoi donc, direz-vous, mon âme, clierches-iii la paix dans les créatures 9 0 Dieu de paix! pacifiez mon pauvre cœur, car il est souvent troublé et inquiété ! oh ! quand sera-ce que je me reposerai dans votre cœur qui est le centre de ma paix ! 0 doux Jésus ! donnez-moi votre paix, votre amour et votre bénédiction, parlez et commandez à la mer de se taire, apaisez celle tempête qui trouble votrereposet le mien. 0 mon âme, n'aime que Jésus, puisqu'il n'y a que lui qui te puisse donner la paix et contenter tes désirs.
« Cette manière d'oraison vous peut mener bien loin, et peut encore servir après la communion pour s'exciter à la dévotion. Il n'est pas possible qu'entre tant de belles qualités qu'on donne au Fils de Dieu, il n'y en ait quelqu'une qui vous touche le cœur et qui soit conforme à la disposition où vous
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êtes. Quand vous l'aurez trouvée, arrêtez-y votre esprit, comme une abeille sur une fleur, et ne ia quittez pas que vous n'en ayez tiré le miel de la dévotion.
« Vous pourrez encore lire avec respect et attention les paroles d'amour tirées de l'Écriture Sainte, et du livre de l'Imitation de Jésns-Ghrist : il y en aura sans doute qui vous toucheront le cœur et qui vous donneront de la dévotion, soit pendant l'orailon, soit après la communion » i.
N. Lecture méditée. — Sainte Thérèse ^ raconteque pendant plus de 14 ans, elle dit ailleurs 18 ans, elle ne pouvait rien faire dans la prière sans un livre, sauf après la sainte communion ; elle lisait plus ou moins selon la grâce que Dieu lui faisait, il lui suffisait parfois d'ouvrir ce livre, pour que son âme fût recueillie et son esprit tranquille.
On prend donc un ouvrage spirituel, on en parcourt quelques lignes ou davantage, ce qu'il en faut pour fournir matière aux réflexions et aux affections. On médite un peu ce qu'on a lu, tâchant d'en pénétrer le sens, de se l'imprimer dans l'esprit, de s'appliquer à soi-même ce qu'on y trouve à pratiquer. — On en tire de saintes affections, comme de contrition, d'amour, de foi, de confiance, d'humilité ou de quelqu'autre vertu ; et si on rencontre un avis qui pénètre le cœur, on prend une bonne résolution sur laquelle on appelle la grâce de Dieu.
1. Le secret de la sainteté... De L'oraison, par le P. Grasset, ch. IX, p. 225.