Chemin, xvui
22 DE l'oraison
son vocale, dit saint François de Sales * , vous sentez votre cœur tiré et convié à l'oraison intérieure ou mentale, ne refusez point d'y aller, mais laissez tout doucement couler votre esprit de ce côté-ià, et ne vous souciez point de n'avoir pas achevé les oraisons vocales que vous vous étiez proposées ; car la mentale que vous aurez faite en leur place est plus agréable à Dieu et plus utile à votre âme », à l'exception des prières d'obligation.
§ III. L'attention dans les prières vocales.
Il ne faut pas se borner à réciter des lèvres la formule ; mais il est nécessaire que l'âme élève vraiment à Dieu son esprit par l'attention, son cœur par la dévotion, sa volonté par la soumission. « Si quelqu'un y est volontairement distrait, dit saint Thomas - , c'est un péché, et cela empêche le fruit de la prière ». Il faut d'autant plus veiller ici sur soi que l'habitude engendre facilement la routine. Il n'est cependant pas obligatoire, et il est moralement impossible, que l'attention de l'esprit soit toujours actuelle. « Il suffit, dit M. Ribet ^ , que la volonté persévère, et la volonté de prier n'est suspendue que par une distraction librement acceptée ».
Bien plus, selon saint Thomas * , pour que ia prière vocale soit méritoire et obtienne son effet, il
i . Introd., 2' part., c. i, n» 8.