Vi« du. P. Balth. Alvarez, c. XU, î* et 7« diffic
CHAPiTRi: ix 209
lés pienx colloques coulent naturellemPTit d'un cœur devenu ()lus aimant, d'une volotité <>\t<rcée aux vertus ; ce n'est plus une convert^atiui. i;il)orieuse, c'est l'épaachement affectueux et launlier dans le sein du Bien-Aimé ; si la sécheresse se [ait sentir, les actes sont courts et se multiplient ; dès lors, il y a plus de prière.
Qu'on ne prenne donc point cette simplification de l'esprit et de la volonté pour un désoeuvrement. Certes on n'est pas oisif, quand on ne cesse de rendre à Dieu ses devoirs ; nul temps n'est plus fructueux, puisqu'en multipliant les affections pieuses, on augmente à jet continu la grâce, la vertu et les mérites. On a fait plus de besogne qu'autrefois, avec moins de fatigue et sans bruit.
3° Cette oraison a sen consolations et ses peines. — A certains moments, elle est savoureuse, d'autant plus que l'âme est aimante et purifiée dans un degré déjà remarquable. Il faut alors modérer, s'il en est besoin, l'excès de la sensibilité, et ne pas attiser le feu par des efforts indiscrets jusqu'à fatiguer la tête, le cœur et les nerfs. Le plus souvent, l'oraison est calme et sans grandes émotions ; parfois la sécheresse désole la volonté qui trouve péniblement de rares affections sans saveur, et l'esprit est assailli de distractions. « A propos de ce tourment des pensées importunes », sainte Thérèse < l'ait cette observation très juste, dont il ne faut pourtant
T. Ste Thérèse, Vie, ix.
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pas ex-agérer la por'ée : « un caractère spécial de ce genre d'oraison où l'entendennenl n'est point occupé à discourir, c'est que l'âme y est ou profondément recueillie, ou cruellement désolée par les distractions ». Ce n'est une raison ni de la fuir ni de s'y porter avec attache : on va à l'oraison pour se donner plutôt que pour jouir ; la meilleure prière n'est pas celle d'où l'on sort enivré de délices et plein de soi-mêrne, mais celle qui nous laisse plus humbles, plus détachés de tout, mieux armés pour la lutte.
4' Rien n'empêche cette oraison d'être fructueuse pour la pratique des vertus. On voit comme intuitivement les résolutions à prendre, on les voit cependant ; on s'y affectionne dans les actes, on attire sur elles des flots de grâces par des demandes in- »îessantes. La règle, les pieuses lectures, les exhortations des supérieurs, la direction spirituelle, les inspirations divines avaient éclairé l'esprit sur l'ensemble et les détails du devoir ; ici le cœur s'échauffe, la volonté attire à soi la toute puissance de la grâce, et se porte avec courage à tout ce que Dieu veut. C'est à cette marque qu'on peut reconnaître si l'âme profite ou non de celte oraison. Assurément, se répandre en efîusinns d'amour, c'est une occupation toujours excellente, et parfois délicieuse; mais *qui ne sait que la dilection sincère se prouve par les œuvres, quelle s'édifie sur les ruines de l'amourpropre, qu'elle vit de dévouement et de sacrifices, et que la sentimentalité est une misérable contrefaçon du véritable amour ? Nul doute que 1§9