‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 178 sur 321 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

tant qu'on ne le rompt pas. l'âme demeure liée et ne peut s'envoler vers Dieu *,

D'après ce saint docteur, a un seul appétit déréglé, même en matière vénielle 2 ,,.. un désir imparfait de la volonté si petit qu'il soit ^ ,... un seul désir humai'n^ »auqueirâmedemeureattachée,suffitpour l'empêcher d'être élevée à l'union divine. « C'est une chose triste de voir certaines personnes, toutes chargées de mérites et de bonnes œuvres, ne jamais entrer au port de l'union divine, faute de quitter les goûts, les afTections et les attaches où elles s'amusent, quoique, aidées du secours de Dieu, elles aient brisé les chaînes de l'orgueil, de la sensualité, et de plusieurs autres vices ou vanités grossières, en sorte qu'elles ne sont plus retenues que par un fil ^... Il y a lieu également de pleurer l'ignorance de quelques-uns qui, négligents à mortifier leurs j^assions, croient pouvoir se disposer à l'union divine par une foule de pénitences et d'autres pratiques extraordinaires dont ils sechargeut; ils font fausse route ^ ».

C'est la doctrine d'un grand saint et d un illustre mystique ; si on la trouve un peu sévère, du moins tout le monde doit convenir avec lui que les passions « fatiguent, tourmentent, aveuglent, souillent

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