Matlh., XVII
4 Or. et niéci., ibid.
c'est plutôt en ce lemps-là qu'en tout autre qu'ils la tourmentent et la détournent de son objet ».
Notre esprit prendra donc l'habitude, autant que le devoir le permettra, de tenir fermées les fenêtres des sens, d'imposer silence aux lèvres, à l'imagination, à la mémoire, de bannir tout l'humain et de s'emplir de divin. Pour cela, nous chasserons sans pitié les images, les pensées, les souvenirs qui souillent, troublent ou dissipent ; et quand il en sera temps, nous prêterons une oreille docile aux conseils que saint Jean de la Croix adresse, dans la « Montée du Carmel, ï» aux âmes avancées et même déjà contemplatives ^ . Il ne cesse de leur répéter 2 que les connaissances distinctes et particulières acquises par les sens et le travail de l'esprit, et conservées dans la mémoire, sont incapables de nous conduire prochainement à l'union divine ; plus l'âme en est remplie, moins il reste de place à Dieu pour y verser sa lumière infuse. Nous devons donc diminuer les considérations dans l'oraison, quand le temps en est venu ; les supprimer pendant l'acte de la contemplation, et supporter avec confiance que Dieu nous réduise, s'il le veut, à l'impuissance de méditer ^. Les connaissances distinctes et particulières, qui proviennent des visions, des révélations ou des locutions surnaturelles, ne mènent pas davantage à l'union divine. On ne doit jamais dési-