‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 188 sur 321 · Ibid., XIX · texte numérisé non relu

Ibid., XIX

254 DE l'oraisoîc

Jusqu'ici, rien qui ne vienne de notre propre industrie avec les grâces ordinaires : c'est la préparation active. La contemplation ne lui est point promise; si l'on n'y parvient pas, il reste du moins, pour prix de nos efforts, l'augmentation de la grâce et de la gloire.

Saint Jean delà Croix dépeint *, sous des couleurs peu flatteuses, les âmes qui sont déjà au seuil de la contemplation : tous ces défauts qui leur restent, ou bien elles ne les ont pas vus, ou bien il eût fallu recourir sans merci aux humiliations et aux souffrances ; la nature réclame et nous y allons trop doucement. Dieu va y mettre sa main aussi forte que paternelle ; il humilie, la,ve, brosse et racle avec énergie pour compléter le nettoyage de l'âme. D'un autre côté, il faut que celle-ci soit simplifiée dans ses opérations, désaccoutumée du sensible, dégagée de la dépendance des sens; la seule soumission du corps à l'esprit et de l'esprit à Dieu n'y suffirait pas. L'âme que Dieu veut élever a besoin d'être prémunie contre les enivrements de l'orgueil. Telle est la raison d'être des purifications passives.

On les appelle ainsi, parce qu'elles ne sont pas de notre choix: nous les subissons, c'est Dieu qui opère, et l'âme n'a guère qu'à s'y prêter de bonne grâce.

1, / Nuit, I à vn.

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