S. Liçr.. Praxis
258 DE l'oraison
C'est peu à peu que la tacilité de méditer disparaît et qu'un simple regard devient seul possible. Cette impuissance augmente progressivement et tend à se faire de plus en plus profonde. Elle peut subir des intermittences, surtout au début ; il y a alors un éta^ intermédiaire où tantôt l'âme n'a qu'à recevoir la contemplation infuse, tantôt « elle doit concourir, par un exercice tranquille et modéré de l'entendement, à la grâce qui veut l'y faire entrer ^ ».
Est-il besoin d'ajouter que la volonté est réduite par ce vide de l'esprit à se porter vers Dieu par un amour vague et indistinct ou bien à ne faire q'ie des actes courts, et qu'elle entre elle-même dans la sécheresse, à moins qu'il ne plaise à Dieu de la consoler sans rendre à l'esprit le pouvoir de discourir ?
Telle est la doctrine enseignée par saint Jean de la Croix 2 et confirmée par l'expérience. Sainte Thérèse ne cesse de répéter ^ qu'elle a beaucoup souffert, pendant nombre d'années, de cette impuissance de méditer; dans la suite, « il était très rare qu'elle pût discourir avec l'entendement, parce que son âme entrait aussitôt dans le recueillement, la quiétude ou le ravissement *»... Elle enseigne ^ que €pour V ordinaire », après avoir été élevé à la « contemplation parfaite », on ne peut plus méditer com-