‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 192 sur 321 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

me auparavant. C'est, au fond, la doctrine de saint Jean de la Croix, avec une note un peu moins accentuée. D'après elle encore *, Notre-Seigneur envoie les peines de l'oraison « aux uns dès le commencement, aux autres vers la fin ». Elle-même ne les avait pas encore endurées, quand elle commença à jouir de la quiétude et de l'union vers l'âge de vingt ans 2. Il fallait signaler ces nuances.

3° « En troisième lieu, et ce signe est le plus certain, l'âme doit trouver son bien-être à se tenir seule, et sans considération particulière, dans une attention amoureuse à Dieu, en paix intérieure, en repos et en quiétude, sans actes et sans efforts de mémoire, d'entendement ou de volonté, au moins sans actes discursifs de sa part, c'est-à-dire sans passer par la considération d'un objet à un autre ^ ».

L'âme est donc orientée vers Dieu ; au milieu de sa désolation, elle ne veut pas des créatures, c'est Dieu qu'il lui faut ; elle ne jouit pas auprès de lui, et cependant elle ne se plaît que là ; malgré la sécheresse et les répugnances, elle a faim de la solitude ; l'omission de la prière provoquerait un remords et creuserait un vide douloureux ; sans Dieu tout lui manque.

L'esprit n'est orienté vers Dieu que par une pensée simple, vague et confuse, par un souvenir géné-

Page 1