‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 193 sur 321 · s. Jean de la Croix, Montée, liv. Il, c. xill · texte numérisé non relu

s. Jean de la Croix, Montée, liv. Il, c. xill

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rai et sans variété. « Dieu n'est représenté sous aucune forme, aucune parole ne peut rendre l'idée qu'on s'en fait ; on ne le conçoit précisément ni comme grand, ni comme beau, ni comme bon, ni comme puissant ; ce n'est pas cela et c'est tout cela ; ou mieux, c'est au-dessus de tout cela. Dieu, Dieu, Dieu, c'est le seul mot que l'âme puisse prononcer pour exprimer sa pensée » ^. Evidemment, l'esprit est peu captivé, mille distractions l'obsèdent; mais, la distraction passée, les occupations achevées, si l'on veut penser à Dieu, c'est la même pensée simple et générale qui reviendra, nous ne trouvons pas autre chose.

La volonté est orientée vers Dieu par « un amour vague et un instinct secret» ^, indéfini comme là pensée, par un besoin douloureux et "pershiant d'une union plus intime avec lui. C'est commie une nostalgie de Dieu absent, une faim inassouvie, qui ne peut plus se passer de lui ; l'âme voudrait être enflammée de l'amour divin, et surtout 'posséder Dieu ; aimer ne lui suffit plus, elle aspire à l'union. Si elle n'a pas encore l'expérience de la quiétude, c'est un attrait confus, un besoin sourd, un malaise indéfinissable. Si elle a déjà goûté l'union mystique, c'est un désir précis de retour à cette union. Pour arriver à ce bienheureux terme, l'âme finit par abandonner ses anciens exercices ; elle sent qu'ils

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