‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 197 sur 321 · iVi4i(, liv. I, c. IX · texte numérisé non relu

iVi4i(, liv. I, c. IX

%. Àbbé SuuUreAU, Vie d'union, c. vw, | 3, n, S39.

204 DE l'oraison

foririp,!? diverses ^ que « c'est un commencement de conteiii()Iation aride et obscure aux sens, ordinairement occulte et secrète à l'âme » 2.

Cette manne toute spirituelle, l'esprit trop dépendant des sens n'a pas encore appris à la goûter. Impuissante alors à saisir vivement l'âme et à la jeter dans les transports de l'ivresse, elle estcependant réelle et de grand pri:: : c'est elle seule qui détache l'âme de tout le créé, et l'oriente vers Dieu par un souvenir persistant et un besoin douloureux. Elle n'a pas encore la force de combler tous les désirs ; elle nourrit pourtant, réconforte, et n'est pas sans charme.

La purification passive des sens n'est donc pas une simple disposition à la contemplation infuse ; c'en est l'entrée et les commencements. La contemplation purgative et la contemplation savoureuse sont un seul et même feu divin ; faible d'abord et destiné à grandir, il trouve l'âme semblable à un bois rempli de sève ; il faut qu'il la dispose en la desséchant pour l'embraser ensuite d'une flamme brillante et ardente.

Ce n'est donc plus l'oraison de simplicité. Si je me bornais autrefois aux affections et les faisais courtes et peu variées, c'était par libre choix ; j'éprouvais tout au plus une certaine gêne à faire autrement, et je pouvais la vaincre. Il y a maintenant

1. Montée, \\v. II, c. xn, xni, xiv, xv. — Nuit, liv. I. c. vrr. IX, x. — Vive flani., 3' str., 3' vers., passim,

Page 1