‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 199 sur 321 · CHAPITRE III 2G · texte numérisé non relu

CHAPITRE III 2G

se sent impuissante, stupide, froide, inutile à tout, portée au mal, sans élan pour le bien, un vrai fardeau même pour soi.

Elle souffre de son impuissance à méditer. D'où vient que l'imagination et la mémoire sont vides de pieux souvenirs, de saintes images et qu'elles abondent en distractions? Et ce vide de l'esprit, ne seraitce pas oisiveté, perte de temps, coupable inaction, punition trop bien méritée ? Et même après que l'âme a mieux compris le sens divin de cette* épreuve, les puissances intérieures, privées de leurs occupations naturelles, « s'ennuient d'avoir à se renoncer^ » sans fin, du moins tant que Dieu ne les occupe qu'à demi.

L'âme souffre de la lumière que Dieu verse en elle. Elle n'a pas encore compris que cette connaissance obscure, confuse, toute spirituelle, est un don précieux, et qu'il suffira plus tard à Dieu de la renforcer pour jeter Tâme dans des transports. Plus cette lumière est simple, plus elle risque de passer inaperçue ; a elle est parfois si délicate et si subtile, particulièrenient quand elle est très pure, simple et parfaite, très spirituelle et très intérieure, qu'on peut fort bien y être occupé sans s'en apercevoir ou le sentir ". «D'ailleurs ce souvenir général et sans variété est d'une monotonie désespérante.

L'âme souffre aussi de ce besoin confus, de cet amour indistinct qui porte le cœur vers Dieu et lui

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