‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 20 sur 321 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

f* de mériter même dans l'extase, et elle est tout occupée de contempler et d'aimer Dieu, parfois avec une merveilleuse intensité.

Nous parlerons plus tard de ces oraisons mystiques; nous nous attacherons présentement aux oraisons communes, après quelques considérations générales qui s'appliqueront aux unes et aux autres.

§ II. Des oraisons communes.

Les oraisons actives sont une prière mentale oîi l'âme élève vers Dieu son esprit par des considérations ou par un simple regard, et sa volonté par des affections, demandes et résolutions pieuses.

Dieu donne sa grâce intérieure et cachée, et l'âme fait efl'ort pour se tourner vers lui. Selon le mot de sainte Thérèse, c'est le jardinier qui tire Teau du fond du puits à force de bras pour arroser ses plantes et ses fleurs.

Ces efforts de l'âme consistent en deux opérations: l'une appartient à l'esprit ; elle applique l'imagination, la mémoire, l'entendement à considérer une vérité ou un mystère, à les tourner et retourner, à s'en convaincre et pénétrer. C'est ce qu'on appelle les considérations ou la méditation. Plus tard, elle fixera l'attention de l'esprit sur Dieu sans les circuits et le bruit des raisonnements, et ce sera le simple regard de la contemplation. L'autre opération relève de la volonté, et nous fait aimer, désirer, demander le bien proposé par l'esprit, prendre des résolu-

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lions pour y parvenir ; c'est la prière ou l'orai&ow proprement dite.

Les considérations ne sont pas une étude spéculative; on ne les fait pas pour apprendre ou savoir, mais pour embraser le cœur et ébranler la volonté. On fixe le regard de l'esprit sur une vérité pour y croire, sur la vertu pour l'aimer et la chercher, sur le devoir pour l'accomplir, sur le mal pour le détester et le fuir, sur un danger pour l'éviter. En un mot, la méditation doit conduire à l'amour et à l'action.

Au premier âge de la vie spirituelle, les considérations occupent une large place, parce qu'on a besoin de fortifier sa foi; plus tard, à mesure que la pratique de l'oraison et de la vertu a pénétré l'âme de convictions profondes, les considérations diminuent progressivement, et finissent par faire place à une simple pensée, à un simple regard^attentif. Au contraire, les affections, d'abord rares et verbeuses, vonten se multipliant; elles gagnent tout ce que perdent les considérations ; elles-mêmes se simplifient avec le temps, devenant plus courtes et plus nombreuses, et l'âme finit par se fixer à quelques affections seulement qui suffisent à ses besoins et à ses attraits.

§ 111. — But de V oraison.

Toute oraison, active ou passive, quels qu'en soient l'objet, la forme et la méthode, a pour but de glorifier Dieu, et pour cela, comme nous l'avons vu ^'

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