CHAPITRE III
Ces diverses peines appartiennent au fond même de la purification passive ; elles sont les suites comme naturelles de cette contemplation sèche. Mais il s'y mêle souvent des tentations violentes, des maladies et autres épreuves qui complètent la purification passive, sans en être un élément nécessaire et caractéristique.
Épreuves des tentations. — Ce sont de rudes assauts contre la foi ; l'âme se dit qu'elle ne croit plus à rien parce qu'elle ne sent plus rien. — Contre l'espérance ; elle craint que Dieu ne l'ait abandonnée, parce qu'il ne la console plus. — Contre la sainte vertu ; l'imagination et les sens bouleversés font subir à l'âme un tourment pire que la mort même. — Contre la patience ; au milieu de tant d'ennuis, « le démon nous rend si colères et de si mauvaise humeur, qu'il n'y a personne qui ne nous devienne insupportable, sans qu'il soit possible de faire autrement^. » On est enclin à murmurer contre l'épreuve, à se montrer maussade envers Dieu, à douter même de sa justice et de sa Providence. — Contre la force chrétienne; réussira-t-on ? Il y aura tant de sacrifices à faire ! Alors l'ennui et le dégoût énervent l'âme et la portent à quitter les voies de l'oraison. — Tentations de malice ; des blasphèmes exécrables s'impriment si fortement dans l'imagination qu'on croit presque les prononcer. — Tentations de scrupules; tant de doutes embarrassent l'esprit, qu'on ne sait ni les résoudre par soi-même, ni les guérir par