‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 209 sur 321 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

quelques actes spéciaux..., qu'elle se contente de ceux auxquels Dieu la porte, » sans se faire violence pour les multiplier ou pour en produire d'autres ^. Car l'action de Dieu est la principale, la nôtre doit la seconder ou s'efTacer.

Cependant, comme l'âme est loin d'être perdue en Dieu, elle doit combattre les distractions, tenir courageusement .son regard et son cœur amoureusement tournés vers Dieu, éviter avec soin le désœuvrement, c'est-à-dire cet état de paresseuse inertie 011 l'âme n'est plus occupée à regarder et à aimer ni par des actes distincts, ni par une attention amoureuse. Malgré les sécheresses et le dégoût, ayons la patience et le courage de converser avec Dieu, à l'église et ailleurs, tout comme s'il nous consolait; si la longueur de ces entretiens privés nous les rend monotones et fastidieux, nous pouvons les former moins longs et plus fréquents, mais ne boudons pas Dieu,

3' Pour la purification de Vâme et le progrès des vertus, cet état est une mine d'orqu'il fautexploiler avec courage. Il y a uu trésor à recueillir : ne nous croisons pas les bras dans l'appréhension du sacrifice. Appliquons-nous avec ardeur et persévérance à nous enrichir de l'humilité, du renoncement, de l'abandon à Dieu, et des autres vertus que comporte cet état.

Combattons avec énergie, s'il se renconlio de péni-

1. Vive flanu, 3* str., 3» ver., ^ G et passim. — Montée, liv. H, c. XII, xiii, XV, XXXII. — Amï/, îiv. l, ix et x.

280 DE l'oraison

bles tentations; notre esprit n'est lié que dans la prière et seulement pour les considérations et les actes trop compliqués ; nous pouvons toujours veiller sur nous, recourir à Dieu, combattre le bon combat. Sainte Thérèse ^ « craignait plus un seul péché véniel que tout l'enfer ensemble » ; une croix à la main, elle eût défié tous les démons, « elle les trouvait pleins de lâcheté, ils semblaient saisis d'effroi à son aspect; dès qu'on les méprise, tout courage les abandonne. » Ce qui fait leur force, c'est notre complicité et la faiblesse de notre résistance. La sainte « ne comprenait pas ces craintes qui nous font dire : le démon, le démon ! quand nous pouvons dire : Dieu, Dieu ! et faire ainsi trembler notre ennemi. T) Dieu, pour lequel nous combattrons, nous soutiendra; la tentation ne peut aller au delà du bon plaisir divin, elle a toujours un but providentiel ; olle attaque nos côtés faibles et nous oblige à les fortifier ; elle nous instruit, nous aiguillonne, écrase lorgueil, fait jaillir la prière, appelle les austérités, provoque les grandes résolutions ; !e démon devient, malgré lui, un des plus actifs facteurs de notre union à Dieu.

Parmi les insuccès, les contradictions et autres croix de Providence, rien n'empêche de recourir à Dieu : que de fois tout se dissipe comme par enchantement, à l'heure marquée dans les conseils divins l Que de fois aussi i'àrae réconfortée ne sent presque

Page 1