‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 210 sur 321 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

plus la peine et s'offre pour de nouveaux sacrifices *! Le parti le plus généreux sera de nous conduire « comme un malade que l'on traite *», d'accepter le remède quoiqu'amer, et de nous conformer exactement à l'ordonnance divine.

La maladie et les infirmités viennent-elles aggraver nos autres peines ; le recours à Dieu et aux supérieurs est bien permis, l'obéissance est un devoir. Il ne faut cependant pas mettre une ardeur anxieuse à fuir l'épreuve, ni en abuser pour modérer à l'excès le poids des observances régulières ; une âme généreuse recevra la croix comme de la main de Dieu, avec patience, humilité et abandon, elle en prendra occasion de se retremper dans l'esprit d'austérité. Le Père de Padranos disait un jour à sainte Thérèse *. que Dieu ne lui envoyait peut-être tant de maladies que pour lui imposer une pénitence qu'elle ne faisait pas '. » La sainte avoue ingénument que € depuis qu'elle se traitait avec moins de soins et de délicatesse, elle se portait beaucoup mieux.* » Renouvelons en nous, s'il le faut, l'estime et l'amour de la souffrance, et pratiquons vaillamment les austérités compatibles avec notre santé.

Dans cette désolante aridité et ces accablantes tentations, on a plus besoin que jamais d'un guide spirituel, auquel on ne cachera l'ien, ni le mal ni le

Page 1