CHAPITRE II
vrcrions et affections pendant une demi-heure et que ]'on referme ensuite pour le reste du jour. On a reçu àes lumières, on doit s'efforcer d'y conformer désormais ses pensées et sa conduite ; on se retire avec un parfum de dévotion qu'il ne faut pas laisser s'évaporer ; on a pris de bonnes résolutions et appelé sur elles la grâce divine, il reste maintenant à les réduire en pratique. En un mot, l'oraison prépare l'action ; une vie de prière appelle une vie éminente dans toutes les vertus. Sinon, l'oraison n'a pas donné tout son fruit; elle était couverte de fleurs, veillons à ce que le souffle glacé de la dissipation, de la routine, de la tiédeur ne brûle point ces fleurs riches de promesses.
CIUPÏTRE ifl
Avantages et nécessité de l'oraisvi.
Comme nous signalerons plus tard les heureux effets de l'oraison affective et de la contemplation, nous viserons ici plus spécialement ceux de la méditation.
La tendance à la perfection, qui résume toutes nos obligations, rencontre en nous des obstacles et pour l'intelligence et pour la volonté.
§ !«'■. — Dit côté de V esprit.
Du côté de l'esprit, il y a 1" l'ignorance de la vie surnaturelle ; le remède est la parole de Dieu puisée dans les instructions et les pieuses lectures; l'écouter ou la lire attentivement, c'est déjà un embryon de méditation.
Ily a 2" rirréflexion, la légèreté, la routine, linsuffisance des pensées de foi, cette forme atténuée de l'oubli qui fait tant de ravages même parmi nous; triste fléau qui dévore le suc de la dévotion et anémie les âmes, et que saint Benoît nous invite à « fuir tout à fait » ^ . Voilà pourquoi la terre est désolée, même hélas! le cloître, la terre classique de la sain-