CHAPITRE in
tête ; on ne réfléchit pas assez dans son cœur. De là vient que parmi les bonnes âmes, qui vivent de la grâce, il y en a tant de faibles et tant d'assoupies. Quand nous oublions ^^eu et les choses de Dieu, nous avons encore l'œil de la foi, mais il est à demi fermé par U eommeil.Lebutàpoursuivre, lesécueils à fuir, les vertus à pratiquer, tout s'enveloppe d'ombre, tout flotte indécis. Pendant que la foi dort, la crainte, l'espérance et Tamour qui doivent nous porter vers Dieu ralentissent leur course et vont san? direction. L'espérance est sans désir, la charité sans ferveur ; les autres vertus perdent leur activité ; la torpeur est partout, le sommeil qui assoupit la foi gagne notre vie surnaturelle entière, et l'ennemi en profite pour semer l'ivraie dans le champ de notre âme. Nous dormons donc et nous rêvons ; et tandis que nos yeux se ferment du côté de Dieu, notre imagination roule mille folies comme dans un songe, notre mémoire se plonge dans mille souvenirs frivoles, notre esprit s'épuise en pensées inutiles, en. préoccupations de travail et d'emplois.
Nous avons assez et trop dormi ; « il est temps de nous éveiller enfin d, d' « ouvrir les yeux àlalumière déifique », «. d'agir d'une façon qui nous profite, pour l'éternité », et «. par le progrès de la foi et de la bonne vie, de dilater nos cœurs et de courir dans la voie des préceptes et des conseils ^ ».
Mais qui donc nous réveillera de ce triste assoupissement, si ce n'est la pratique de l'oraison? Peu