‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 223 sur 321 · CHAPITRE îV · texte numérisé non relu

CHAPITRE îV

même nous ne saurions ni nous procurer un si grand bien, ni le retenir un seul instant au-delà du temps fixé par la volonté du Seigneur. C'est une faveur entièrement surnaturelle, nous n'y avons aucune part, nos efforts n'y peuvent atteindre » ^. Hélas ! nous ne pouvons que trop chasser Dieu par nos infidélités, ou contrarier son action en faisant des choses incompatibles avec la prière. « L'impureté et les imperfections de l'âme sont les seuls obstacles à cette grâce, comme les taches d'une vitre sont des obstacles à la lumière y> ^. Nous pouvons, au contraire, éloigner les obstacles et nous disposer positivement, comme nous venons de le montrer^. Malgré tout, Dieu demeure maître de ses dons : « il distribue ses faveurs quand il lui plaît, de la manière qu'il lui plaît, et à qui il lui plaît > *. Voilà pourquoi tous les auteurs recommandent si fortement avec sainte Thérèse ' de ne pas chercher à s'ingérer dans la contemplation surnaturelle : on se priverait de la méditation sans trouver la contemplation ; c'est une présomption coupable, une folle tentative, une peine absolument perdue. L'âme, en se disposant, vient jusqu'à la porte, Dieu seul peut ouvrir.

Puisque l'oraison mystique est surnaturelle, elle est donc infuse du côté de Dieu, passive du côté de

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