Vie, xu
298 DE l'oraisow
lame ^. Ces expressions reviennentsans cesse sous la plume de saint Jean de la Croix. Or Dieu se montre quand bon lui semble : à l'oraison, à la lecture, au travail, dans une conversation permise, parfois même au milieu des occupations et des pensées les plus ordinaires; tantôt l'âme attend et Dieu ne vient pas ; tantôt il se montre <l alors qu'on y pense le moins et qu'on est bien loin d'y prétendre » 2. « Dans les commencements, il est vrai, ajoute sainte Thérèse parlant de l'extase, c'est presque toujours à la suite d'une longue oraison mentale. Dieu se plaît d'abord à faire monter l'âme vers lui de degré en degré ; ensuite il prend cette petite colombe et la metdans lenid afin qu'elle s'y repose » ^. — De même, Dieu se donne comme il veut : la contemplation sera savoureuse ou aride, selon qu'il juge bon d'embraser l'âm.e ou de la purifier; quelque bien préparé que l'on soit, les faveurs divines demeurent des faveurs et ne deviennent jamais un droit, ni le salaire de nos efforts ; Dieu donne telle forme d'oraison qu'il lui plaît, avec telle intensité qu'il veut ; tantôt il enivre l'âme de lumière et d'amour, tantôt il ne la rassasie qu'à moitié ou lui jette à peine quelques miettes ; il n'est pas en notre pouvoir de rendre cette infusion plus forte, ni de laisser la quiétude
1. Les expressions « surnaturelle j et « infuse » forment pléonasme, nous ne les employons simultanément que pour les expliquer.