CHAPITRE IV
Un repos, une saveur et une jouissance exempte de tout effort et plus agréable que tout le reste » ^.
Dès lors que la contemplation est infuse du côté de Dieu et passive de notre part, elle demande moins de <raua/ï, à mesure qu'elle est plus élevée; dans l'union pleine, le travail se réduira presque à rien ; il n'y en a plus dans l'extase ; il est loin d'en être de même dans la quiétude 2.
En somme, « il est fort rare » ' que la contemplation soit complètement passive. Il faut la coopération de la volonté, pour que l'esprit demeure fixé dans ce regard simple et le cœur dans ce mouvement ou ces actes d'amour ; c'est une jouissance et comme un besoin plutôt qu'un travail, quand l'âme est fortement saisie ; mais si l'action de Dieu est faible, il faut de l'énergie et un fatigant labeur pour repousser les distractions, surmonter l'ennui et le dégoût. L'âme est alors dans une pénible sécheresse, où elle sent le besoin de faire des actes, arides et sans saveur, pour compléter l'occupation qu'elle reçoit insuffisamment de Dieu. La lumière et l'amour infus demeurent les éléments constitutifs de la contemplation. Il y a alors double opération : celle de Dieu et la nôtre, de l'infus et de l'acquis, du passif et de l'actif. Mais évidemment, l'action de Dieu est la principale, la nôtre doit lui être subordonnée, la seconder ou s'effacer.
\. Montée, liv. II, c. xiii.
2. Vie, XI, xrv, xvi, xvili . — Chemin, xxxi. —Montée, liv. II, XV.