‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 230 sur 321 · Ste Thérèse, Vie, xii · texte numérisé non relu

Ste Thérèse, Vie, xii

y. Montée, II, c. xiv.

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de lui; maintenant ils connaissent par expérience, pouf les avoir senties, goûtées et comme touchées du doigt, sa bonté, sa tendresse, ses infinies condescendances, son caractère. Cette connaissance est lumière et saveur : elle a le goût de Dieu, un parfum de l'éternité ^. L'âme ressemble, sous les touches divines, à un enfant que sa mère presse amoureusement sur son cœur; cette étreinte silencieuse est plus expressive que toutes les paroles ; l'enfant n'a rien entendu, il n'a rien vu, il n'a pas raisonné, il a seulement ressenti l'étreinte amoureuse, et maintenant il connaît le cœur de sa mère .

Cette lumière mystique finit par nous donner une connaissance très élevée de Dieu et de nous-mêmes, de ses grandeurs infinies, de notre petitesse, du néant de toutes choses. .Malgré sa vivacité, elle demeure obscure et confuse, vague et générale . Car elle nous montre Dieu dans une vue simple et ramassée , sans fixer notre atten tion sur ses diverses perfections, sa sagesse, sa puissance, son immensité, etc. Elle nous fait envisager Notre-Seigneur, comme en gros, sans mettre en relief chacun de ses divers mystères, ni le détail de ce qu'il a fait pour nous sauver; ou bien, si elle fixe notre attention sur quelque attribut de Dieu, sur sa beauté, sa bonté, son amour, sa miséricorde, ou sur quelque mystère du Sauveur, elle nous le fait faire dans une vue d'ensemble, qui ne s'arrêtant pas aux djtails, demeure forcément

i Vive flamme, 2« str., 4» vers.

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vague et confuse ^. D'ailleurs Dieu répand cette lumière d'une façon si secrète et si mystérieuse que « l'âme elle-même ne s'aperçoit pas comment cela se fait ». Parfois aussi, « la contemplation est si simple que l'on peut à peine la sentir. On ne sait alors témoigner que de sa satisfaction, de sa tranquillité, de son contentement; on goûte Dieu et on trouve que tout va bien ; mais dire ce qu'on possède, on ne le fait qu'en termes très vagues et très généraux ^ ».

Vraiment on a eu bien raison d'écrire que la contemplation obscure est « une perception expérimentale de Dieu» 3, « Dieu ineffableraent perçu » *, dans une lumière confuse et mystérieuse .

Outre cette contemplation obscure et générale, il y en aune autre qui est distincte et particulière: elle voit, entend, saisit clairement les objets particuliers, les vérités circonstanciées qui lui sont présentées surnaturellement; elle s'exerce spécialement dans les visions, révélations, paroles intérieures, etc. Notre intention n'est pas d'en parler . Sainte Thérèse ^, saint Jean de la Croix ^, et nombre de bons auteurs "', en ont traité surabondamment . Nous ferons seulement remarquer que la contemplation obscure est toujours sans danger: c'est un regard

i. s. Fr. de Sales, Amour de Bieu, liv. VI, c. vi.

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