‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 234 sur 321 · Mont ce, liv. II, c. xxvi · texte numérisé non relu

Mont ce, liv. II, c. xxvi

ÎÎIO t)Ë l'oraîson

Outre que cet amour est passif, général el obscur, son -"/aractère propre est d'être unitif. L'âme déjà pure et riche de vertus n'est plus l'esclave qui a peur, le mercenaire qui se dévoue pour un salaire, un ami timide qui aime de loin ; c'est l'épouse qui veut posséder le Dieu de son cœur, s'unir à lui par l'amour et ne faire qu'un avec lui . Dans la nuit du sens, elle a un besoin douloureux de cette union et l'appelle de tous ses vœux ; dans la quiétude savoureuse, elle commence à la trouver; elle n'aspire qu'à progresser dans les voies mystiques, pour resserrer ces liens tant désirés et parvenir à la perfection de cette union ^.

Art. IV. — Présence de Dieu seiitie.

Dans les oraisons communes, on j^ense à Dieu, on se souvient de Dieu, on le connaît par la foi. Dans la contemplation passive, on sent généralement une impression mystérieuse: Dieu, qui habite l'âme du juste, y manifeste sa présence d'une manière qu'on ne peut comprendre sans l'avoir éprouvée ; on perçoit expérimentalement que notre âme possède Dieu et lui est unie, qu'elle est, pour ainsi dire, plongée en Dieu et toute imbibée de lui ; et, quand cette impression se renforce, c'est comme une étreinte amoureuse, un embrassement spirituel ; alors on est aussi

1. Montée, liv. II, c. xxvi et xxxii. — Abbé Saudreau, Dcgrés^ liv. V, c. III. — S. Fr. de Sales (Amour de Dieu, liv. VII, c. i et suiv.) explique très bien cette union mystique.

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