CHAPITRE IV
assuré de la présence de Dieu que si on le voyiit de ses yeux, que si on le touchait de ses mains, parce qu'on le sent en soi. C'est un fait établi par l'expérience de tous les mystiques; aucun auteur ne le contredit. Le Père Poulain apporte à l'appui de cette thèse des témoignages aussi variés que décisi's ^. Sainte Thérèse, entre autres, apprit de cette façon que Dieu réside dans notre âme ; elle ne croira jamais qu'on ait été favorisé de l'oraison d'union, s il ne reste ensuite une très ferme certitude qu'on a été avec Dieu ; elle affirme en dix endroits que ce sentiment de la présence divine se rencontre dès la quiétude. Il demeure obscur et voilé, quand l'influence mystique est faible ; il se manifeste plus nettement quand elle se renforce. Mais là commencent les divergences.
Les uns 2 , s'appuyant sur Scaramelli et plusieurs autres, pensent qu'on peut expliquer cette impression mystérieuse en disant que tout se passe comme s'il y avait un contact de Dieu et de l'âme, contact qui provoquerait dans l'âme une sensation spirituelle perçue par un toucher intérieur. D'autres *, en admettant que peut-être, à titre exceptionnel, certaines touches divines, dont parle saint Jean de la Croix, doivent s'entendre d'un contact de substance à substance entre Dieu et l'âme, disent que, pour l'ordinaire, la présence de Dieu est rendue évidente