Abbé Saudreau, Etat myst., c
',]i'2 DE l'oraison
par une action manifeste qu'il exerce sur l'intelligence et la volonté. Ils citent à l'appui de leur thèse sainte Thérèse disant que « dans la quiélime et l'union, certaines influences de la Divinité se rendent sensibles ; la présence de Dieu y est indiquée par les seuls effets de grâce, qui sont un ardent amour, une foi vive, de fermes résolutions et une grande tendresse spirituelle ^ ; » — saint François de Sales, selon lequel Dieu manifeste sa présence par la suavité, les consolations célestes, les attraits, certaines douceurs qu'il répand dans l'âme ^ ; — saint Bernard enseignant que « les soupirs et les larmes indiquent l'arrivée de l'Époux, on reconnaît sa présence quand on sent sa grâce » ^ etc.
Les partisans de la première opinion vont jusqu'à prétendre que cette présence de Dieu sentie, cette possession intérieure de Dieu, seraient les deux caractères fondamentaux de tous les états mystiques. Les autres le nient absolument ; car, si cette impression de Dieu présent et possédé était essentielle aux états mystiques, il en faudrait rayer la nuit du sens et celle de l'esprit, qui y tiennent pourtant une large place ; loin d'y goûter la présence de Dieu, on y souffre cruellement de son absence. Il en faudrait rayer aussi certaines contemplations si spirituelles et si pures, qu'elles ne s'aperçoivent pour ainsi dire pas à cause de leur simplicité même.
i. Vie, XXVI!.