Montée, liv. II, c. xui
3f4 DE l'oraison
tenant que l'âme le sent en soi, elle n'a plus rien à désirer que de le posséder mieux encore et toujours. Cette impression d'apaisement s'accentue à mesure que l'oraison est plus savoureuse, la présence de Dieu plus sentie.
Cette union produit encore une joie qui peut aller jusqu'à des transports, à une sorte d'ivresse spirituelle; mais les états mystiques ont aussi de cruelles souffrances. Parmi ce repos savoureux, « dans cette paix profonde, la volonté s'enivre d'amour » ^, oublie ses peines passées, se réconforte pour de nouvelles épreuves, avance puissamment dans les vertus, s'achemine à grands pas vers cette complète « transformation de l'âme en Dieu par Tamour » ^, qui est la perfection même; tandis que les épreuves mystiques facilitent cette marche en avant par le dégagement qu'elles opèrent.
En général, l'union mystique a une influence sur le corps, plus faible et à peine ébauchée dans la quiétude, très marquée dans l'union pleine, tout à fait absorbante dans l'extase. — Les puissances intérieures subissent une influence analogue, légère dans la quiétude, et qui va s'accentuant jusqu'au ravissement. On l'appelle ligature des puissances, quand elle est faible; suspension des puissances, quand elle est très forte ^ Au début, c'est seulement