CHAPITRE VI
De la quiétude.
\ Art. l — Définition.
L'oraison de quiétude est le premier pas dans les voies mystiques. La volonté y est unie à Dieu ; la partie supérieure de l'esprit est aussi atteinte par l'action divine ; mais l'entendement, la mémoire et l'imagination demeurent libres, et peuvent servir ou contrarier l'oraison par leur activité naturelle ; en un mot, les puissances nesontpas toutes saisies ; les distractions demeurent possibles et ne sont pas rares.
Ce terme de repos ou de quiétude est très fréquent chez sainte Thérèse et saint Jean de ia Croix. Il signifie : 1° que l'esprit, qui se fatiguait auparavant à chercher la conviction et les affections dans le long et pénible labeur des raisonnements, cesse maintenant ses actes discursifs, se repose et n'a plus qu'à regarder la vérité trouvée. — '2° La volonté se repose, dans une tranquille et amoureuse union, en Dieu qu'elle sent présent et qu'elle possède. — Il est bon de se souvenir, en lisant les Auteurs, que ce mot de quiétude reçoit des acceptions variées : il exprime
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parfois ce sentiment de repos que l'âme éprouve à tous les degrés de l'union mystique ; chez saint François de Sales * et d'autres, il comprend toute union inférieure à l'extase, qu'elle s'étende à toutes les puissances de l'âme ou qu'elle en atteigne une partie seulement; nous le restreignons avec sainte Thérèse au premier degré d'oraison surnaturelle où «la volonté seule est captive» 2, tandis que les autres facultés restent libres.
Sainte Thérèse l'appelle encore : la seconde eau célesip- 3, pour marquer que, dans la quiétude, l'âme est déjà passive et qu'avec moins de travail elle se trouve plus arrosée ; — la 4® demeure ■*, pour indiquer le degré d'avancement spirituel qui correspond à cette oraison ; — le goût de Dieu, Voraison des goûts divins ^, parce que c'est la première oîi Dieu se fait connaître expérimentalement, où l'on constate sa présence comme par une saveur et un goût spirituels. — D'autres l'appellent oraison de silence, parce que c'est la première oraison, où l'on cesse de raisonner, de discourir, le bruit du travail de i'esprit commence à s'ètemdre.
L'oraison de quiétude est at presque toujours précédée 6 » dun recueillement surnaturel et passif. —