CHAPITRE vi
Dans le recueillemenl actif, c'est l'âme qui travaillait par sa propre industrie à retirer ses puissances des choses créées, à les tourner vers Dieu et a faire silence. Ici, c'est Dieu qui la recueille lui-rnême tout d'un coup et sans qu'elle ait besoin d'aucun effort '^ . Alors l'âme ne ressemble plus à la tortue qui ramasse volontairement sa tête et ses pattes dans sa maison ; sans même y avoir pensé, elle se trouve recueillie par Dieu, qui l'appelle pour ainsi parler comme un berger appelle son troupeau, et qui l'attire comme l'aimant attire les aiguilles. Cette récollection subite de nos puissances, opérée par Dieu sans nous, présage la quiétude ; elle en est, au dire de sainte Thérèse, « le principe et le vestibule y> 2 , D'abord rare, elle deviendra plus fréquente. Elle appartient bien à la mystique ; elle ne constitue cependant pas, selon nous, un degré spécial doraison. Ou bien l'action de Dieu se borne à recueillir l'âme sans l'établir dans la quiétude, seule l'entrée en prière est passive, l'oraison demeure active. Ou bien l'opération divine va plus loin, on aura dès lors la quiétude, l'union ou l'extase, et non pas le seul recueillement passif.
Art. II. — Influence de la quiétude sur les facultés.
La quiétude étant assez fréquente, nous essaierons, sauf à nous répéter, d'en tracer une des-
1, s. Lig., Praxis, 133.