‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 247 sur 321 · Conf., c. XXVI · texte numérisé non relu

Conf., c. XXVI

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« Qiielquefoîs, toute notre âme se renferme et s'abîme dans un profond silence ; l'admiration op nous sommes de ce que nous sentons et de ce que nous voyons, étouffe notre voix et supprime toute parole; l'esprit étonné retient les sens en suspens et n'a plus que les soupirs pour porter à Dieu la ferveur de ses désirs». Il demeure alors fixé sur Dieu dont il sent la présence ; laissant le discours, il fait silence et regarde avec admiration; il enveloppe son Bien-Aimé d'un long regard qui dit beaucoup sans paroles, parce qu'il peint l'étonnement, la joie, le charme et l'amour qui le fascinent. La volonté, plongée en Dieu, enflammée par son union avec Dieu, se répandant en Dieu par une fusion pleine de suavité, n'est pas portée à faire une multitude d'actes formulés ; elle jouit de Dieu dans une union calme, tranquille et savoureuse, elle se repose délicieusement sur la poitrine du divin Maître dans un silence plein d'amour. Semblable à une m.èrequi couve son enfant des yeux, toute l'âme passe dans son regard passionné ; plus elle contemple, plus elle s'enflamme ; plus elle s'enflamme, plus elle prend plaisir à contempler ; elle aime sans le dire ; mais le feu de ses yeux, ses larmes, ses soupirs, son attitude, les dispositions de son cœur, l'immobilité de son saisissement, les élans discrets de sa tendresse, tout parle avec éloquence et ravit Celui qui la charme. L'esprit et la volonté demeurent silencieusement occupés de Dieu pendant un temps souvent assez long ; tout au plus, le cœur formulet-il quelques actes simples et ardents, ce qu'il en faut

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pour se soutenir dans celte union amoureuse. Ces deux facultés sont donc très actives, sans bruit, et c'esi alors surtout que la quiétude mérite le mieux son nom d'oraison de silence.

Parfois, au contraire, Fâme, toute pénétrée de l'amour divin, se répand en un doux colloque, en effusions pleines de tendresse, sans violence, sans transporte., dans la plus délicieuse intimité. De son côté, Notre-Seigneur se plaît dans ces épanchements amoureux, car c'est lui qui entretient le feu sur l'autel du cœur, et dispense ces pieuses effusions.

Parfois enfin, ajoute Gassien *, la sainte componction de l'amour « se répand par une joie ineffable, par les transports d'une allégresse toute divine. De là des cris de joie que nous ne pouvons retenir,.., ces impressions... dont nous sommes pénétrés ». Dieu embrase tellement l'âme que, hors d'ellemême, éperdue de tendresse, ivre de Dieu, elle ne peut contenir son amour et sa joie, elle éclate en transports. Elle s'élance comme pour saisir Dieu et voudrait le loger au plus intime de son cœur ; elle sent vivement qu'il est là, qu'elle le possède ; elle s'abandonne aux effusions de sa tendresse, à peu près comme une mère qui saisit son enfant, le presse amoureusement sur son cœur, l'arrose de ses larmes, lui prodigue les caresses, lui donne les noms les plus suaves et s'épanche en un flot de paroles ardentes et presque délirantes. L'esprit et le

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