‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 248 sur 321 · Cossien, 9' Conf., c. xxvi · texte numérisé non relu

Cossien, 9' Conf., c. xxvi

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cœur sont alors tellement surabondants de vie, que les actes d'amour, de confiance, d'admiration et autres semblables coulent sans tarir et se pressent comme les torrents d'une lave brûlante. — Bientôt, stupéfaite de son audace, se rappelant la majesté de Dieu, son propre néant et ses misères, l'âme adore, s'humilie, se fait aussi petite qu'elle peut ; puis l'amour la ressaisit, et, selon le mot de sainte Thérèse, « elle dit mille saintes folies, qui charment celui qui la met en cet état » "* . Il faut bien croire que Dieu y prend un délicieux plaisir, car il répond à sa manière en continuant ou renforçant cette ébriété spirituelle et ces transports ; lui-même semble saisir l'âme, la baiser de sa bouche divine, la caresser avec un amour infini, la presser sur son cœur plus tendrement que ne le ferait un père. L'âme sent qu'elle donne une goutte d'amour et en reçoit un océan. Heureux moments, où l'on expérimente qu'on aime, et qu'on est encore plus aimé I Moments préparés par de longues épreuves, et présageant de nouvelles purifications ! Ces rencontres avec le divin Époux font oublier les peines passées et réconfortent merveilleusement pour les épreuves à venir ^ , Toutefois ces élans tombent, l'oraison s'affaiblit, se renforce pour diminuer de nouveau ; et, moyennant ces fluctuations, elle peut durer assez longtemps;

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