P. Poulain, Grâces d'or., ix
GHAPiTRE rt 333
est dans cette tranquillité profonde et surnaturelle, dit s<ainte Thérèse, il n'est pas rare que l'entendement soit au contraire tout troublé et stupéfait ; et que, ne sachant où il est, il aille d'un lieu à un autre sans pouvoir se lixer. C'est un importun, un fou et un insensé qui s'emporte aux pensées les plus extravagantes » ^. Au moins, l'esprit se laisse quelquefois attirer et captiver ; mais l'imagination est plus folle encore : « C'est un vrai traquet de moulin qui nous fatigue par son bruit incommode ^ ..-, mais comme nous ne pouvons arrêter le mouvement des astres qui va avec une si prodigieuse vitesse, de même il n'est pas en notre pouvoir d'arrêter le mouvement de l'imagination » ^. — Heureusement, les écarts de ces trois facultés volages n'empêchent pas la volonté de pouvoir rester unie à Dieu dans une paix profonde ; au lieu donc de perdre son temps et de compromettre son repos surnaturel en allant à leur poursuite, qu'elle s'eiTorce de se maintenir dans son union amoureuse, c'est le meilleur moyen de les ramener ; d'ailleurs, « si les abeilles s'en allaient toutes à la chasse les unes des autres, comment le miel se ferait-il ■* » ?
Quant au corps, il est déjà légèrement saisi, du moins si la quiétude est forte. Outre que « lui-