Chemin, xxxii
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la nuit des sens et surtout celle de respiit, où Dieu lui-même opère avec autant de force que de sagesse ; rien ne l'attache à Dieu, comme les oraisons où l'on sent qu'on le possède dans une amoureuse union. Cependant, tout cela n'est en soi que moyen de perfection et non la perfection même, faveur et non mérite.
De même, il faut de la prudence pour éviter les contrefaçons de l'action divine. Si la douceur vient de la nature, « elle ne produit aucun bon effet, disparaît très vite et laisse dans laséc'neresse. Le démon est-il l'auteur de ce repos,.., il laisse de l'inquiétude, peu d'humilité, peu de disposition » à la vertu. Sainte Thérèse ne cesse de recommander « à l'âme d'oraison de s'y porter avec humilité, sans curiosité, sans attache aux consolations même spirituelles,... avec une seule résolution, celle d'aider Jésus-Christ à porter sa croix )> ^ . Mais quand on a bien constaté que c'est Dieu qui opère, nul n'a le droit de se délier de lui, et de contrecarrer son action ; le guide et le dirigé doivent suivre le Saint-Esprit.
Nous avons indiqué les caractères de la contemplation surnaturelle ; si le pénitent est observateur et sait rendre compte de ce qu'il éprouve, rien de plus facile, avec un peu de temps, que de reconnaître sa voie. Après tout, s'il est plus intéressant de savoir au juste à quel degré d'oraison on est parvenu, cela n'est pas nécessaire ; il suffit de constater